A propos du référendum

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Réflexion à propos du référendum sur le traité constitutionnel...
Bernard Lecardinal (Avril 2005)

Il est étonnant de voir que les partisans du NON "regroupent" toutes les forces du passé, du XXème siècle, et qui se sont affrontées férocement les unes aux autres. Preuve que l'on est à l'orée d'un autre monde. Pourtant ce ne sont pas ces forces de par la logique des appareils qui portent ce NON. Ces forces restent minoritaires. Bien au delà de leurs prétentions politiques dépassées elles incarnent quelque chose qui reste de l'époque où l'histoire était le fait des hommes pour le meilleur et/ou... pour le pire. Liens de filiations et d'affiliation divers et complexes, dit rétrogrades (famille patriarcale, corporations...) pour cette extrême droite qui veut le NON, dit progressiste (syndicalismes, mutuellismes, associations populaires, familles à modèles pluriels) pour cette gauche et extrême gauche qui veut le NON. C'est précisément parce que le lien de filiation, comme lien social horizontal) est remis en question par le projet technocratique et oligarchique que le NON progresse. Le OUI, du XXIème siècle, représente le traité des technocrates et des liberaux-"libertaires". Il encadre le cloisonnement des individus, l'atomisation des individus (à la subjectivité policée et neutralisée car elle se conjugue dans le lien social et au moi consommateur exacerbé et trituré pour le rendre dépendant) reliés entre eux, uniquement par la hiérarchie des directives qui les organisent par groupe d'interêts communautaristes (religions) et concurrentiels. Avec le traité constitutionnel l'immigration du Sud est sous contrôle régalien, la solidarité de base un délit, autre forme de lien social détruit. Cependant une migration sauvage, exacerbée, intra-européenne, d'entreprises délocalisées et de travailleurs à salaires variables se développera encore plus vite soumises aux caprices et aléas de la concurrence du capitalisme ultra-libéral de marché. Sans contrôle possible. Mais si l'espagne et le portugal ont pu être absorbées, des millions de déshérités venus de l'Est imposeront, sans l'avoir voulu, la valeur du travail par le bas autour de la paupérisation sans frontières pour cette libre concurrence intra-européenne. Les états-nations anciens ne seront réduit qu'au rôle purement régalien, c'est à dire avec mission de gérer à l'echelle de leurs anciens cadres , localement, les applications décidées par l'oligarchie technocratique. Les rivalités que cela créera, attisées par des mouvements pétitionnaires massifs appuyant des intérêts communautaristes les plus divers, apporteront la nouvelle guerre des religions et inter-ethnique à l'échelle du continent européen, Avec l'aide, comme allumeurs de conflits, de quelques milliers de provocateurs paranoïaque pervers prêts à en découdre...et armés par des groupes d'interêts, des millions d'individus assujettis, une fois meurtris par l'actions de ces groupes d'assassins, feront de ces guerres d'interêts particuliers une prolongation de la seule politique rendue possible. Le phénomène a déjà été essayé à petite échelle dans l'ex yougoslavie. Les individus auront perdus la maîtrise du lien de filiation et d'affiliation, la conscience de l'universel, la capacité de l'organisation internationale, et seront guidés selon les réalités des rivalités technocratiques.... Bien sur il faudrait se garder de la naïveté de penser, que le NON de Gauche et d'extreme gauche va provoquer une sorte de crise révolutionnaire (style XXème siècle) comme ils l'entendent, tout cela est révolu. Cependant ce NON, il faut savoir le percevoir comme un signal que quelque chose de profond se passe en france. Ce NON et le débat qui s'en suit, vers l'europe et le monde entier. De toute façon qu'un ralentissement de la marche technocratique se soit produit, ou que le OUI passe (Et les pays bas vont peut-être dire NON par voie référendaire ...), l'interrogation suscitée, est justement cet espace/temps qui rend le terrain réceptif à un projet, à construire, révolutionnaire solide dans ses fondations, parce qu'ils peuvent porter le lien social articulant universel, collectif, autonomie, subjectivité, solidarité, émancipation. Abolition de la misère, de l'exploitation et de la domination politique et idéologique. Quelque chose de l'ordre d'une LOI fondatrice d'un constituant, puis d'un instituant. C'est dans cette confrontation au delà des appareils que loin des bruits de séisme promis, à court terme, par les uns ou les autres, que la terre se fertilise à nouveau et attend notre fécondant. C'est en ce moment.