| Il est étonnant de voir que les partisans du NON "regroupent"
toutes les forces du passé, du XXème siècle, et qui
se sont affrontées férocement les unes aux autres. Preuve
que l'on est à l'orée d'un autre monde. Pourtant ce ne sont
pas ces forces de par la logique des appareils qui portent ce NON. Ces forces
restent minoritaires. Bien au delà de leurs prétentions politiques
dépassées elles incarnent quelque chose qui reste de l'époque
où l'histoire était le fait des hommes pour le meilleur et/ou...
pour le pire. Liens de filiations et d'affiliation divers et complexes,
dit rétrogrades (famille patriarcale, corporations...) pour cette
extrême droite qui veut le NON, dit progressiste (syndicalismes, mutuellismes,
associations populaires, familles à modèles pluriels) pour
cette gauche et extrême gauche qui veut le NON. C'est précisément
parce que le lien de filiation, comme lien social horizontal) est remis
en question par le projet technocratique et oligarchique que le NON progresse.
Le OUI, du XXIème siècle, représente le traité
des technocrates et des liberaux-"libertaires". Il encadre le
cloisonnement des individus, l'atomisation des individus (à la subjectivité
policée et neutralisée car elle se conjugue dans le lien social
et au moi consommateur exacerbé et trituré pour le rendre
dépendant) reliés entre eux, uniquement par la hiérarchie
des directives qui les organisent par groupe d'interêts communautaristes
(religions) et concurrentiels. Avec le traité constitutionnel l'immigration
du Sud est sous contrôle régalien, la solidarité de
base un délit, autre forme de lien social détruit. Cependant
une migration sauvage, exacerbée, intra-européenne, d'entreprises
délocalisées et de travailleurs à salaires variables
se développera encore plus vite soumises aux caprices et aléas
de la concurrence du capitalisme ultra-libéral de marché.
Sans contrôle possible. Mais si l'espagne et le portugal ont pu être
absorbées, des millions de déshérités venus
de l'Est imposeront, sans l'avoir voulu, la valeur du travail par le bas
autour de la paupérisation sans frontières pour cette libre
concurrence intra-européenne. Les états-nations anciens ne
seront réduit qu'au rôle purement régalien, c'est à
dire avec mission de gérer à l'echelle de leurs anciens cadres
, localement, les applications décidées par l'oligarchie technocratique.
Les rivalités que cela créera, attisées par des mouvements
pétitionnaires massifs appuyant des intérêts communautaristes
les plus divers, apporteront la nouvelle guerre des religions et inter-ethnique
à l'échelle du continent européen, Avec l'aide, comme
allumeurs de conflits, de quelques milliers de provocateurs paranoïaque
pervers prêts à en découdre...et armés par des
groupes d'interêts, des millions d'individus assujettis, une fois
meurtris par l'actions de ces groupes d'assassins, feront de ces guerres
d'interêts particuliers une prolongation de la seule politique rendue
possible. Le phénomène a déjà été
essayé à petite échelle dans l'ex yougoslavie. Les
individus auront perdus la maîtrise du lien de filiation et d'affiliation,
la conscience de l'universel, la capacité de l'organisation internationale,
et seront guidés selon les réalités des rivalités
technocratiques.... Bien sur il faudrait se garder de la naïveté
de penser, que le NON de Gauche et d'extreme gauche va provoquer une sorte
de crise révolutionnaire (style XXème siècle) comme
ils l'entendent, tout cela est révolu. Cependant ce NON, il faut
savoir le percevoir comme un signal que quelque chose de profond se passe
en france. Ce NON et le débat qui s'en suit, vers l'europe et le
monde entier. De toute façon qu'un ralentissement de la marche technocratique
se soit produit, ou que le OUI passe (Et les pays bas vont peut-être
dire NON par voie référendaire ...), l'interrogation suscitée,
est justement cet espace/temps qui rend le terrain réceptif à
un projet, à construire, révolutionnaire solide dans ses fondations,
parce qu'ils peuvent porter le lien social articulant universel, collectif,
autonomie, subjectivité, solidarité, émancipation.
Abolition de la misère, de l'exploitation et de la domination politique
et idéologique. Quelque chose de l'ordre d'une LOI fondatrice d'un
constituant, puis d'un instituant. C'est dans cette confrontation au delà
des appareils que loin des bruits de séisme promis, à court
terme, par les uns ou les autres, que la terre se fertilise à nouveau
et attend notre fécondant. C'est en ce moment. |