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Gérard Bauduin
"Artiste Peintre et Historien" |
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Biographie Je suis âgé de 55 ans ; j’exerce depuis 1986 la profession de photographe. Dans mon apprentissage de la photographie, j’ai aussi étudié le dessin artistique, ce qui fut pour moi une découverte. Peintures
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() La plus vielle cuisine du monde Ce texte fait partie d’une série ayant pour but d’aborder un certain nombre d’aspects quelque peu originaux de l’histoire des populations ; Ce texte, dont c’est la première partie, inaugure donc cette série. Les animaux ne font pas naturellement la cuisine, se contentant de la consommation immédiate de la nourriture qu’ils se procurent, et le besoin d’accommoder ce que l’on mange en en modifiant le goût et l’aspect est propre à l’homme et certainement aussi vieux que lui. Chaque société humaine, chaque culture, avec les préférences de ses représentants, leur milieu naturel, leur économie et leur interprétation traditionnelle de l’univers, a toujours arrêté un choix de ses aliments et développé des règles de manipulation pour les accommoder au goût en créant pour cela une cuisine originale. Jusqu’à ce jour, le plus ancien ouvrage était le De Recoquinaria (Art Culinaire), compilé au, IVeme siècle de notre ère, sur l’œuvre d’Apicius, célèbre gourmet romain, contemporain des débuts de notre ère. La plus ancienne cuisine connue était donc celle des Romains. Auparavant, les Grecs de la Grande Grèce (sud de l’Italie), avaient eux aussi composé des répertoires culinaires. Le tout premier dont on ait le souvenir est Mithékos qui devait vivre vers 400 avant JC à Syracuse. Mais tous ces ouvrages sont perdus et nous n’en possédons plus aujourd’hui que des citations. Il semble donc impensable qu’un système culturel d’une telle richesse, complexe et raffiné dans tous les domaines, n’ait pas mis au point un vaste éventail de denrées consommables et d’un art pour les accommoder. Les denrées employées On peut constituer un inventaire impressionnant des denrées constituant l’ordinaire des Mésopotamiens au cours de l’Antiquité. On y trouve des céréales, des légumes, divers fruits – principalement ceux du palmier, fréquent dans ce pays – mais aussi du pommier, du poirier, du figuier, du grenadier et de la vigne. On a aussi des bulbes et des racines, des champignons, des herbes condimentaires. Il y avait aussi la viande du gros et surtout du petit bétail, ainsi que celle issue de la chasse. Les gallinacés furent connus plus tard, mais on consommait des œufs, ainsi que des poissons de mer et d’eau douce, des chéloniens (tortues), des crustacés, des coquillages et même des sauterelles. On trouvait enfin le lait, le « beurre » et diverses autres graisses animales (saindoux) et végétales (sésame, olives), le miel pour sucrer les aliments et des produits minéraux (sel) pour corser les saveurs. Les préparations Même en se contentant de leurs produits indigènes, ils se sont initiés à les traiter et à les transformer en les accommodant de multiples façons. Ils savaient d’abord les conserver : en faisant sécher non seulement les céréales et les vesces (fèves, lentilles), mais aussi divers fruits et légumes (datte, raisins, figues) et la viande et le poisson qu’ils conservaient dans le sel. Ils savaient préserver et confire les fruits dans le miel et les poissons plus volontiers dans l’huile. Le feu était aussi bien maîtrisé, les Mésopotamiens étaient loin de se contenter d’exposer les denrées à la flamme pour les griller, les rôtir ou bien les bouillir. Ils employaient des intermédiaires pour modeler la chaleur de cuisson : cendres et tessons posés sur la braise. Ils se servaient de cylindres d’argile fortement chauffés au-dedans et sur les parois internes desquels on plaçait pour les cuire, des galettes de pâte non levée comme on le fait encore aujourd’hui en Orient, où le nom de ce fourneau (tannûr) est dérivé de celui qu’utilisaient les Mésopotamiens (tinûrû). On peut donc postuler, dans ce vieux pays, l’usage de techniques diversifiées et de combinaisons quasi infinies de manipulations pour apprêter les aliments : on a donc une authentique cuisine. En matière de témoignage écrit, on possède une sorte d’encyclopédie en deux colonnes, où se trouvaient cataloguées en akadien et en sumérien, et soigneusement répertoriées et classées, toutes les composantes naturelles et artificielles de l’univers que les Babyloniens observaient tout autour d’eux. L’ensemble était réparti sur 24 tablettes, d’environ 400 rubriques chacune. Les deux dernières, soit environ 800 entrées étaient réservées au secteur alimentaire. Elles ne représentaient pourtant qu’un choix et d’autres documents analogues ainsi que des documents de la pratique ou bien littéraires peuvent permettre de doubler ce catalogue, nous laissant imaginer une carte gastronomique importante. On compte au moins une centaine de soupes différentes (ummuru) et près de 300 présentations de pain, ce qui suppose une réelle gourmandise et une imagination culinaire débordante, tant pour en varier la matière que la forme (farine levée ou non, à l’huile, au lait, à la bière ; doux, parfumé à telle ou telle épice, fourré de fruits, allant du gros au minuscule dans toutes les épaisseurs et les allongements, en forme de cœur ou bien de sein par exemple ). On pouvait aller plus loin dans la découverte surprenante, mais superficielle de la cuisine mésopotamienne, car les assyriologues n’en connaissaient que deux recettes en tout et pour tout. Le nom akadien mersu (sumérien : ninda), implique par son sens radical, un « brassage » des ingrédients. Ceux-ci sont de la farine, parfois de l’eau et du lait ou de la bière, mais plus volontiers de l’huile, ou peut être même une sorte de « beurre » afin d’humidifier. Il y a aussi des dattes et d’autres fruits secs (raisins, figues, pommes) ainsi que des sortes de pignons (?) pour le fourrer ; enfin quatre condiments aromatiques : nigelle ( ?), cumin ( ?), coriandre ( ?), et en dernier de l’ail, ce qui peut nous surprendre. L’identification de données concrètes et précises, dont de nombreuses plantes, est quasiment impossible ou purement conjecturale, d’où la nécessité des points d’interrogation. On a le même sentiment quant à l’examen d’une autre recette plus récente, datant de 400 avant notre ère. On a 4 parfums combinés pour aromatiser le liquide ; l’un d’entre eux figure même sous deux formes, au naturel et torréfié, ce qui trahit la recherche d’une saveur subtile. Un cinquième élément, un légume ( ?), est ajouté. La cuisson est poussée jusqu’à la réduction au sixième du volume initial, ce qui détermine une forte concentration du liquide, qui en sera d’autant plus onctueux et savoureux. Mais il ne sera employé que filtré, ce qui est un signe supplémentaire de raffinement, car utilisé pour sa seule saveur et débarrassée des éléments ayant servi à la communiquer. (A suivre)
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