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Une année avec Maurice
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Une page de Maurice
Une année avec Maurice et ses amis de Février 2001 à Décembre 2002 ... Et il y en aura d'autres !! Didier DAVOUST |
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Maurice et les ASSEDIC - Maurice et la psychanalyse -
Maurice et les licenciements - Maurice et les vacances - Maurice et l'euro (I) - Maurice et l'euro (II) - Maurice
et l'Histoire - Maurice et les Restos du Coeur - Maurice et les élections
- Maurice et la rentrée - Maurice et les sans-papiers - Se recentrer avec
Maurice - Maurice et le vendredi 13. Maurice et les ASSEDIC février 2001 Au café tabac à côté de la mairie, au comptoir, devant son Vittel menthe, Maurice lit «Les Échos» et la presse financière. Maurice est chômeur en fin de droits. Auparavant, il habitait le 94 et maintenant il réside dans le 93, à Aubervilliers. Depuis qu'il a appris qu'il paraissait que la seule réalité économique possible était le capitalisme/libéralisme, Maurice s'est mis à la page, à son niveau, au mieux de ses intérêts. En ce moment, une idée tourne dans la tête de Maurice. Dans le 94, ses indemnités de chômage étaient virées à son compte bancaire le 5 du mois suivant; là, dans le 93, elles le sont les 8, 9 ou 10. Maurice ne fait que commencer sa culture économique et financière, mais il remarque : «Ils travaillent avec mon argent... en attendant que je le touche, ils empochent les intérêts ! Quand je bossais, mon tôlier me payait le dernier jour du mois. Maintenant que je suis chômedu 'y a un décalage et ils touchent des intérêts sur mon dos !» Maurice prend à témoin les autres consommateurs. Henri qui lit un journal plus «populaire» lui dit que c'est peut-être que dans le 94, les ASSEDIC n'ont pas encore intégré la réalité financière, que ce sont de mauvais financiers ! Maurice dit qu'il va réfléchir, qu'il va demander un rendez-vous à son conseiller financier à sa banque pour l'éclairer à ce propos. Là, Gégé, un habitué, dit que tout ça c'est trop compliqué pour lui et qu'il préfère gratter un «morpion» ou un «solitaire». -«J'ai pas ton instruction !» dit-il à Maurice, qui là, lit les cours de la bourse.
Maurice et la psychanalyse mai 2001 Maurice et Michel sont en grande discussion autour du comptoir du café tabac de la mairie, à Auber'. Ils y tiennent amphi, Maurice devant son Vittel Menthe et Michel devant la "Côtes-du-Rhône". Maurice est chômeur en fin de droits et Michel est RMIste. Maurice a lu dans le petit journal «Idea-RMI» de mars l'article de M. L. sur «le coprah libertin». On sait que Maurice s'est mis à l'étude de l'économie et de la finance mais là, il a besoin des lumières de Michel qui lui, est féru de psychanalyse. Maurice dit à Michel : «Il paraît que quand je fume ma gitane maïs, l'inconscient me fait faire autre chose et que tout ça, c'est manipulé pour faire du fric sur mon dos.» Là, Michel pontifie, il parle de Freud, de Lacan, de Wilhelm Reich, de M. le professeur Pierre Legendre. -«L'inconscient barre l'accès
au réel, au concret. Tu crois faire une chose et tu en fais une autre.
Tout ça, c'est la triangulation oedipienne entre l'enfant et ses parents
qui s'est mal passée. Michel lui répond... - "C'est comme qui dirait, comme quand aux élections, au second tour, il y a une triangulaire, ça se termine toujours mal, ou pas comme on voudrait.» Là, Maurice comprend mieux. Avec Michel, il colle au moment des élections pour les forces de progrès. Maurice se gratte la nuque et il dit à Michel: - «L'inconscient, c'est un inconvénient. -T'as tout compris, c'est
avec ça que la pub, les médecins te pompent ton fric, jouant sur ton affectif»
lui répond Michel. Là, Maurice se dit qu'il va devoir apprendre la psychanalyse.
Il pense aux perspectives de ces horizons de connaissance. Il commande
un Vittel simple car la menthe est un excitant, et aujourd'hui Maurice
a eu sa dose ! Maurice et les licenciements juin 2001 Autour du comptoir du café tabac de la mairie à Auber', ça discute ferme, ça sent le meeting politique ! Il y a là Jean-Pierre qui travaille à Renault Choisy-le-Roi, Guytou, agent EDF, Farid agent de la Poste, Michel, RMIste et Maurice, chômeur en fin de droits, qui est le centre d'attraction. Il fait chaud avec la météo et dans le social. Maurice a mis sa casquette en arrière, ce qui laisse voir le sommet dégarni de son crâne, ses lunettes à grosses montures sont baissées sur son nez, son col de chemise est ouvert, il est en sueur et en moins d'une demi-heure, il a déjà pris trois Vittel menthe et là, il s'apprête à en recommander un quatrième. «Tu vas faire un arrêt-ravitaillement au stand !» lui dit Jean-Pierre, qui comme Maurice est un passionné de Formule 1. Tous ces gens habitent des communes tenues par les forces de progrès: Auber', Saint-Denis, Malakoff et le 21 avril dernier, ils sont allés à Calais manifester contre les licenciements chez Danone, Marks & Spencer etc. Là , tout le monde écoute Maurice dans la salle, tous les regards et les oreilles sont tournés vers lui. Après avoir bu une gorgée de son quatrième Vittel menthe, Maurice dit : - «Ouais, Michelin, Danone, Marks & Spencer, Moulinex, ça va continuer, j' vous l'dis, réfléchissez; les bases du raisonnement économique sont viciées : une boite qui gagne pas d'argent licencie, une boite qui gagne de l'argent licencie également ! Ouais, les gars !» C'est le silence autour de Maurice. Ce dernier reboit une gorgée de son Vittel menthe. Jean-Pierre fait signe au serveur d'en préparer un cinquième pour Maurice et il rajoute: - «L'entreprise telle qu'elle existe actuellement n'est pas faite pour satisfaire le travailleur, les besoins individuels et collectifs. Il faut satisfaire l'actionnaire avant tout ; l'argent sert à reproduire de l'argent, tout ça, c'est du virtuel et pas du concret. Là, Maurice rallume sa Gitane maïs avant de continuer : - Tiens, autre chose. Vous connaissez mon beauf 'Mimile, qui est maintenant gardien d'immeuble après avoir été chômedu. Ben, dans la boite où il grattait, on lui avait donné quelques actions. Il était devenu actionnaire et il avait du voter son licenciement pour faire baisser les prix pour satisfaire le consommateur et l'actionnaire. Mimile était patron, salarié et consommateur, ça l'avait conduit à la dépression nerveuse ! Il arrivait pas à s'y r'trouver dans cette triangulaire ! - On est en plein Lacan, dit
Michel, l'apôtre de la psychanalyse . Le problème des retraites!
C'est un sujet que Maurice abordera une autre fois, car là, aujourd'hui,
il risque l'overdose de Vittel menthe ! -«Tu me r'mets ça !» dit-il au
serveur ! Maurice et les vacances juillet 2001 Les vacances approchent et autour du comptoir du café-tabac de la mairie, à Auber', ça discute à ce propos. - "Avec ma femme, on
va aller trois semaines chez notre fille à Clermont-Ferrand, dit Bébert,
retraité SNCF, qui rajoute: en tant qu'ancien cheminot j' paye pas l'train.
C'est un petit avantage. Maurice est chômeur en fin de droits, il a quatre-vingt et quelques francs par jour pour vivre , il a droit à des vacances mais que l'on calcule en francs ou en euros, son budget vacances est limité ! Il répond : - "En août, j' vais aller
chez mon beauf' Mimile qui est collé avec ma soeur Annick, à Châtillon,
dans le 92. Mimile est gardien d'immeuble. En août, ' y a pas grand monde
et là-bas, je serai tranquille pour faire la grasse matinée et boire l'apéro
le midi et le soir en m' faisant bronzer sur la terrasse. J' vais prendre
carrément un mois... Je vais changer d'air... Mimile a été chômedu, il
comprend, il est solidaire !" Maurice va prendre des vacances méritées
même si des mauvaises langues lui disent parfois qu'en tant que chômeur
il est en vacances toute l'année ! En buvant son Vittel menthe, Maurice savoure à l'avance ceux qu'il boira pendant un mois chez Annick et Mimile. - "Mimile prend son mois
de vacances en août, il va pas bouger de Châtillon, par contre moi, je
vais m' déplacer d'Auber' à Châtillon - dit Maurice qui va prendre le
bus et le métro avec ses valises - avant, quand j'grattais, j'allais en
vacances dans le Loir-et-Cher, j' prenais l'train à Austerlitz. Maintenant,
même si j' me déplace moins loin, je me déplace quand même... " Maurice
n'a pas baissé les bras et il va prendre ses vacances en 2001 comme chaque
année ! Maurice et l'euro (I) septembre 2001 Pierrot a le tournis ! Ce ne sont pas les deux demis de bière Record qu'il a bus en préparant son quinté qui sont cause de celà même s'il fait chaud. Non ! C'est Maurice qui a pris la tête à tout le monde autour du comptoir du café tabac de la mairie, à Auber', avec le problème de l'euro ! Ça a commencé quand Maurice en achetant son paquet de Gitanes maïs a demandé à la caissière combien ça faisait en euros ! - «Vous savez pas qu'un euro
c'est 6.55957 francs et inversement, dites-moi combien un franc ça fait
en euros. Vous savez p'us faire une règle de trois. Faites comme moi,
achetez une petite calculette !» lui avait dit Maurice. Puis ça avait
continué au comptoir où Maurice avait demandé au serveur combien valait
son Vittel menthe en euros. Là, maintenant, une discussion sur l'euro
est lancée autour du comptoir. Maurice se fait payer la tournée de Vittel
menthe pour faire part de ses lumières sur la question ! Après avoir tiré sur sa Gitane maïs, Maurice dit : - «A partir du premier janvier
2002, l'euro et ses centimes seront mis en circulation dans les douze
pays de la zone euro. ' y a trois pays qui ont pas pris cette monnaie
unique et qui gardent leur monnaie nationale : les Anglais, les Danois
et les Suédois. Les Anglais, i' font jamais comme tout le monde, c'est
des originaux. Tiens, leurs voitures roulent à gauche et ils votent à
droite... Maurice est content de son humour, il continue : Maurice répond : - Tout ça , c'est la construction européenne; c'est la monnaie unique de la pensée unique. C'est Giscard qui avait anticipé à ce propos, pour empêcher les pertes dues aux fluctuations des taux de change entre monnaies pour les entreprises .. Maintenant, dans l'Europe supermarché, va p'us y avoir ce problème: partout, tu paieras en euros : à Paris, à Berlin, à Madrid, à Turin, mais ça veut pas dire que mon Vittel menthe ou ton ballon de rosé vaudront le même prix en euros d'un pays à un autre. Partout, c'est pas le même niveau de vie et là, c'est l'Allemagne qui est en position dominante...» Maurice se fait resservir un Vittel menthe sur le compte de Gégé avant de continuer (rappelons que Maurice s'est mis à l'étude de l'économie et de la finance ). - «Tout ça, pour empêcher
la dévaluation compétitive, c'est-à-dire éviter que des pays dévaluent
pour mieux exporter. L'euro va profiter aux grandes entreprises, mais
pas aux particuliers. Là, tout le monde approuve Maurice qui continue
: C'est le silence autour de Maurice, qui après avoir rallumé sa Gitane maïs reprend: - «Faut s'y mettre à compter en euros. C'est bientôt, le premier janvier 2002 . Faites gaffe, si vous devez du fric aux impôts, vous êtes attendus au tournant quand vous sortirez vos billets de cent balles de dessous votre matelas pour les changer en euros !» Aujourd'hui, Maurice a fait fort autour du comptoir, il a sapé le moral à tout le monde ! Avant de partir, il rajoute : - «Et encore, j' vous ai pas
dit les intérêts que les Américains vont tirer de tout cela, et les Allemands,
pour racheter les boîtes françaises.' Y p'us d'états souverains, ça va
être l'euro-vision ! Là, c'est Michel qui vient de rentrer et qui ne comprend pas pourquoi il se fait rembarrer. - «Tu ne vas pas t'y mettre,
toi aussi! Y en a assez pour aujourd'hui . Laisse-nous boire notre coup
tranquillement, tu vas faire tourner la "Côtes-du-Rhône" en
vinaigre...» lui dit Bébert ! Maurice et l'euro (II) octobre 2001 Autour du comptoir au café tabac de la Mairie à Auber', les uns et les autres commencent à digérer quant à l'euro, même que Gégé et Bébert ont demandé des explications complémentaires à Maurice. «C'est pour moi !» dit le serveur au sujet du Vittel menthe qu'a commandé Maurice. Maurice se lance dans ses explications : - «Ça fait un bout de temps que partout les prix i' sont affichés en Francs et en euros, vous avez eu l'temps d' vous habituer! Vous avez pas été pris en traîtres ! Mais personne fait attention, de toute manière, d'ici la fin de l'année i' va y avoir des campagnes d'information sur l'euro: i' doit y avoir un double affichage des prix.» La caissière se dit qu'elle va devoir afficher le double prix en francs et en euros pour les Gitanes maïs qu'achète Maurice ! - «Si tout le monde était comme vous, où on irait ... dit-elle à Maurice. - Vous avez qu'à faire comme moi, vous t'nir au courant, répond Maurice qui continue : ça fait un bout de temps que les banques vous envoient des relevés avec la double indication, de même par chèque on peut déjà payer en euros. Tiens, bientôt j'achèterai d'un seul coup une cartouche de Gitanes maïs et j'f'rai un chèque en euros !» Maurice est tout content de son idée. Pour la peine, il demande à Gégé de lui payer un nouveau Vittel menthe ! - «Tout ça, c'est la conséquence
de Maastricht, dit Michel qui continue : l'euro, c'est la technocratie
de Bruxelles: un état qui bat plus monnaie n'est plus souverain; i' faut
pas s' voiler l'problème politique.
Maurice et l'Histoire novembre 2001 - "Salut tout le monde... J' vous présente mon neveu et filleul Christophe... ça, c'est d'la vraie graine de Maurice... il étudie l'histoire, les arbres généalogiques, c'est un érudit. C'est un jeune plein d'avenir!" Là, c'est Maurice qui vient de rentrer dans le café-tabac de la mairie à Auber' avec un jeune homme dans la trentaine. Maurice a la cinquantaine et c'est vrai qu'il y a un air de famille enre Maurice et Christophe ! - "Les histoires... moi
j' cherche des histoires à personne... elles arrivent toutes seules, dit
madame Micheline qui est en train de boire son décaféiné... Là, c'est Bébert qui vient de répondre en buvant sa "Côtes-du-Rhône"... - Toi, Maurice, qu'est-ce-que t'en dis sur l'histoire ?" demande Gégé qui gratte un "Goal" devant son ballon de rosé. Avant de répondre, Maurice fait noter par le serveur différentes tournées de Vittel menthe sur le compte des uns et des autres... Parler donne soif ! Et Maurice parle beaucoup ! - "L'histoire, elle est partout... tiens, ' y a qu'a regarder le nom des rues à Auber' et ailleurs: rue de la Commune, avenue de la République, boulevard Anatole France... rue Henri Barbusse... partout l'histoire transpire dans le quotidien... on n'y échappe pas. Elle est du passé, du présent et de l'avenir... Aujourd'hui, les gens sont i' devenus amnésiques... c'est pour cela que ça ne va plus dans la société... Sans le sens historique, tu peux pas te situer, faire le point..." Après ces paroles, Maurice attaque son deuxième Vittel menthe et rallume sa Gitane maïs. - "'y a l'histoire personnelle...
Freud, et Lacan avaient montré que notre première enfance conditionne
toute notre vie... l'inconscient..." C'est Michel, l'apôtre de la
psychanalyse qui vient de prendre la parole et qui se fait interrompre
par Bébert: Michel a pu placer son mot pendant que Bébert et Pierrot discutaient quant au quinté de ce jour. - Si j'avais l' temps, j' mettrais sur l'ordinateur l'histoire des chevaux, des jockeys, de leurs performances... comme ça, j' gagnerais..." dit Pierrot, en train de déguster son demi de bière Record et de préparer son quinté. Christophe, le neveu et filleul de Maurice est resté jusqu'alors discret, il prend la parole: - "Mon oncle a raison, il faut pas faire l'impasse sur l'Histoire, il faut savoir d'où on vient pour savoir où on va... L'histoire structure notre vie, notre environnement... il faut dominer, maîtriser l'Histoire... - Comme en psychanalyse, où
il faut maîtriser son inconscient, lance Michel qui a pris de court Bébert. Maurice et les Restos du Coeur février 2002 Là, un lundi midi de février 2002 à l'heure de l'apéro, au café-tabac de la mairie à Auber', Maurice vient d'arriver, la casquette de travers. - "T'en fais une tête,
Maurice... " lui dit Bébert, retraité SNCF qui va offrir à Maurice
un Vittel menthe pour que ce dernier se requinque. Maurice prend la parole:
- "J'sors des restos du coeur à Auber'... 'Y a plus d'une heure d'attente;
ils contrôlent les cartes et l'identité car il parait qu'il y a des fraudeurs...
On se croirait sous l'occupation de la dernière guerre mondiale ou bien
dans les pays de l'est à une époque... " Maurice vide d'un trait
son Vittel menthe . Bébert lui en paye un second et demande à Maurice
de continuer. C'est l'attroupement autour du comptoir pour écouter Maurice
et les uns et les autres polémiquent au sujet des Restos du Coeur. Maurice reprend: - J'ai discuté avec Riton,
un bénévole des Restos du Coeur, il m'a dit que c'était l' préfet qui
avait demandé ce contrôle car le nombre de bénéficiaires a augmenté depuis
l'an passé. En plus, il parait qu'il y en a qui fraudent avec les cartes.
J'ai dit à Riton que c'était pas normal que ce soit si long, c'est simple:
tu présentes ta carte du Resto et ta pièce d'identité. Ouais, mais Riton
m'a dit que dans l'application c'était plus difficile. J'lui ai dit que
j'comprenais pas. Ou tu as tes papiers ou tu les as pas ! Riton m'a dit
qu'il fallait quand même donner à bouffer aux gens comme le disait Coluche.
J'lui ai dit qu'on pouvait pas jouer sur les deux tableaux, ou alors on
contrôle ou on contrôle pas ! Le grand Dédé qui travaille dans une oeuvre humanitaire, en dégustant un ballon de rosé prend le relais... - "... toutes ces files d'attente, c'est scandaleux... on s'arrange pour dégoûter ceux qui ont besoin... et d'autre part si on pense aux tonnes de marchandises que jettent chaque jour les grandes surfaces et qui pourraient être distribuées... - On donne trop aux familles
et pas assez aux personnes seules... les familles ont déjà les allocations
familiales... J'en ai vu qui viennent en BMW se ravitailler au Resto du
Coeur, dit Mariette, RMIste qui là, boit son décaféiné. Rappelons ici que Maurice s'est mis à l'étude de l'économie et de la finance, de la psychanalyse et autres choses intéressantes. Son allocation chômage lui sert en quelque sorte de bourse d'études et il considère le Resto du Coeur comme une forme de CROUS (Centre Régional des Oeuvres Universitaires) Ce jour, le Resto du Coeur d'Aubervilliers aura marqué l'heure de l'apéro au café-tabac de la mairie. Là, même si la salle est comble,
il n'y a pas de file d'attente pour contrôler l'identité des consommateurs
! Maurice et les élections juin 2002 - "Où qu'i's'cache le Maurice ? On l'a pas vu de toute la campagne
électorale..." Là, c'est Bébert, retraité SNCF, qui anime le débat
autour du comptoir du café de la Mairie à Auber'. Bébert en est à sa troisième
"Côtes-du-Rhône". Tout d'un coup c'est le silence... Maurice vient de faire son apparition... - "Salut tout le monde !" Le moment de stupeur passé, c'est le brouhaha autour du comptoir... Tous commandent un Vittel menthe pour Maurice. Là, Maurice a plusieurs jours de consommation d'assurés. - "Tiens, j'avais peur
que les fachos t'aient fait la peau..." lance Michel, RMIste, le
pote de Maurice qui soutient le parti et le syndicat au niveau local.
Ce dernier se fait interrompre par Bébert qui commande son quatrième ballon
: Maurice boit d'un trait son Vittel menthe... Le garçon se précipite pour lui en servir un deuxième... Maurice allume sa Gitane maïs avant de prendre la parole: - "J'vous l'avais dit, j'ai préparé ma campagne électorale...
Tout le monde a voté Maurice ! Là, c'est la cacophonie autour du comptoir... chacun y va de son argumentaire, qui a voté à droite, ou bien à gauche, à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, qui s'est abstenu, qui a voté nul ou blanc, qui... etc. Maurice est debout au milieu de la mêlée où l'on entend parler de sécurité, des retraites, du chômage, de tous les thèmes de la période électorale.. Maurice est stoïque au milieu de tout cela.... Là, il va calmer le jeu. - "Je l'disais bien, vous avez tous voté Maurice! Vous avez
tous compris, chacun à sa manière qu'il fallait un véritable débat sur
la finalité de la société, que le fossé s'était creusé entre légitimité
et légalité... Ça continue à discuter autour du comptoir, chacun essayant de faire valoir le bon droit de ses arguments... Maurice tire sur sa Gitane maïs avant de continuer: - "Avec Maurice, c'est vraiment la France en grand, ensemble...
I'faut s'faire entendre, et voir plus loin que tous les archaïsmes...
Avec Maurice, c'est la nouvelle humanité, et la nouvelle citoyenneté. Là, Maurice sort... et ça
continue à discuter autour du comptoir, chacun donnant son avis sur comment
Maurice a voté Maurice !... Maurice et la rentrée septembre 2002 -"C'est la rentrée d'septembre,
c'est r'parti pour une année!... dit Bébert, retraité devant sa "Côtes-du-Rhône",
un midi, à l'heure de l'apéro au café-tabac de la Mairie à
Auber'. Maurice a pontifié... Dans la salle et autour du comptoir chacun essaye de décrypter le message de Maurice! -"Maurice, à la poste,
ça ne va pas pour les 35 heures, tu vas nous aider! dit Farid, agent de
la poste et militant politique et syndical. Maurice et les sans-papiers septembre 2002
-"Les sans-papiers continuent de manifester, i's ont occupé
la Basilique à Saint-Denis... L'ministre de l'intérieur a dit qu'il voulait
b'en régulariser ceux qui voulaient s'intégrer mais pas les autres!"
dit Bébert, retraité, devant sa "Côtes-du-Rhône", un midi, à
l'heure de l'apéro, au café-tabac de la mairie à Auber'. Là, Maurice dégustait tranquillement le Vittel menthe que lui avait offert Patrick, chercheur en sciences religieuses et responsable de formation dans une banque. Il va prendre la parole. - "C'est un problème
bien complexe.. 'y a encore l'Etat-Nation avec l'impérium nord-américain...
l'organisation mondiale, elle existe pas encore... L'capitalisme i'fait
tout pour avoir de la main-d'oeuvre corvéable et taillable à merci... Là, Maurice a repris la parole. Se recentrer avec Maurice décembre 2002 - "Faut se r'centrer!" lance Maurice en arrivant un midi
à l'heure de l'apéro, au café-tabac de la mairie à Auber'. Maurice continue de pontifier. - "Dans l'désert actuel, 'faut conserver l'espoir, l'espérance...
faut prendre du r'cul vis-à-vis du cauchemar que l'on vit, dit Gaby qui
travaille dans une organisation humanitaire. (un bruit) - C'est Christobald qui vient de tomber! - "J'm'appuyais au comptoir... j'ai lâché prise et v'là l'résultat!
Heureusement qu'j'ai pas renversé mon ballon de Côte-du-Rhône, dit Christobald. Déjà plusieurs personnes commandent une tournée pour Maurice. - "Là, Maurice, i'sait r'centrer pour s'faire rincer! ironise
en apparté Guytou, agent EDF devant sa Kronenbourg. Maurice et le vendredi 13 décembre
2002 - "Où qu't'étais Christobald ? On t'a pas vu hier!" s'enquiert
Bébert, retraité, devant sa Côte-du-Rhône, un midi, à l'heure de l'apéro
au café-tabac de la mairie à Auber', auprès de Christobald, autre retraité,
également devant sa Côte-du-Rhône. Là, c'est Maurice qui a pris la parole devant le Vittel menthe que lui a offert le docteur Tersandu. -"Maurice, le mauvais
oeil, ça existe! répond Mamadou, ouvrier à la voirie à Auber'. Maurice s'est adressé au serveur. -Si Christobald, il était pas là, l'Bébert, lui, i'a essayé de m'resquiller
deux tournées! répond le serveur. |