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- " Celui qui est exclu… " -

(Didier Davoust - 22/05/99)

Celui qui est exclu c'est le pauvre… Dans le monde du maître et de l'esclave, du nanti et du gueux, c'est la pauvre qui est exclu !!...

La pauvreté n'est pas une catégorie socio/économique mais une disposition de cœur et de l'esprit. La pauvreté c'est l'énergie de l'éthique, l'harmonie de l'interne et de l'externe… C'est un détachement du fétichisme. Le pauvre sait donner et recevoir. Avec le pauvre c'est l'abondance, la richesse intérieure et extérieure (encore une fois ne pas faire le contresens d'assimiler la pauvreté à la misère, ça n'a rien à voir), la joie du partage… Le pauvre n'est ni un capteur, ni un assisté, ni un parasite,… c'est le chaînon manquant dans le monde actuel du gaspillage, de l'inessentiel, du nuisible…

Le pauvre habite le sens et est habité par celui-ci…

Le pauvre accède à son désir essentiel, à sa tâche à accomplir… Il est dans la dimension du désir, de l'énergie, de la créativité… Aussi a-t-il été barré dans le symbolique du vieux monde... Du fait qu'il devient impossible de circuler dans le vieux monde devenu totalitaire, il risque de se trouver dans la précarité matérielle. Ceci n'est pas nouveau, les grands créatifs ont toujours été persécutés par les tenants de l'ordre totémique sacrificiel !... Henry Miller avait bien abordé cela dans " Essai sur Rimbaud ou voici venu le temps des assassins "…

Le pauvre c'est le Juste…C'est le Fils de l'Homme qui ne sait où reposer sa tête, car nulle part il n'est chez lui, alors que pourtant il y est partout !...

Le pauvre c'est l'ouverture… Ceci est expliqué dans tous les grands textes de toutes les traditions/modernités…

Ce qui est exclu c'est l'essentiel…, la vraie vie…