|
Paris: NON à la suppression
des jardins d’enfants !
|
![]() |
|
Bernard Lecardinal Sous couvert d’une concertation
manipulée, la Mairie de Paris envisage très sérieusement de supprimer
les 22 jardins d’enfants de la capitale... Si nous sommes informés de ce scandale, c’est parce que certains d’entre nous sont directement concernés.
Conscients qu’en dehors du cercle restreint des parents, enfants, anciens
élèves, éducateurs de la petite enfance et autres professionnels de la
petite enfance, une majorité de
parisiens connaissent peu ces structures s’ils n’ignorent pas carrément
leur existence. Une expérience originale, novatrice, ancienne de plus
de 70 ans et qui a fait ses preuves dans le domaine pédagogique et
psychosocial, véritable alternative publique et laïque, aux classes de
maternelles surchargées et aux rythmes désorganisant, risque de disparaître
sans même que ses apports originaux n’aient été pris en compte pour améliorer
l’école. Nous avons donc conçu ce texte afin de faire
connaître à l’extérieur du cercle des initiés l’existence de ces jardins
d’enfants de l’OPAC et de la lutte qui s’y mène pour la poursuite de leur
existence. La Mairie de Paris plus
coutumière des manifestations spectaculaires et festives comme Paris-plage
ou la nuit blanche, a jusqu’à présent misé sur cet isolement de circonstance,
pour discrètement mener en bateau, collectif de parents et de personnels
en lutte depuis 3 ans, et ainsi faire avancer son projet de suppression
des jardins d’enfants. C’est
pourquoi nous vous demandons si cette cause vous interpelle d’en faire
circuler le contenu et d’interpeller les responsables de cette suppression.
Chaque fois que, de façon éphémère et médiatique, une action des parents
et/ou des personnels a pu rendre quelque peu public ce scandale en cours,
la mairie a du se justifier de façon confuse et a semblé reculer..., pour
mieux revenir à la charge dés que l’effet médiatique s’était dissout.
Nous en avons la certitude seule la mise au grand jour sur la place publique,
à la lumière des critiques, de ce projet scandaleux de la Mairie de Paris
permettra de lui faire abandonner la destruction de ces structures, qu’elle
a en réalité programmée. Nous espérons ici contribuer à la diffusion la plus large possible de
ce scandale. Merci de nous y aider. Histoire des jardins
d’enfant de l’OPAC: liés à l’histoire du logement social. 21 Jardins d’enfants
de l’OPAC ont été créés entre 1921
et 1937. Le 22ème fut créé en 1951.
Ils furent créés dans les HBM puis dans les HLM. Au début ils étaient
réservés aux parents vivant dans ces logements, en 1969
ils furent ouverts à des familles extérieures, ce qui accru la possibilité
de mixité sociale. En 1986,
la gestion de ces structures fut confiée à la Mairie de Paris, laquelle depuis 2004 envisage leur suppression pour créer des lieu d’accueil
pour enfants de moins de 4 ans, alors que les jardins s’adressent à des
enfants de 2 ans 1/2 à 6 ans, comme alternative à la maternelle avant
le cours préparatoire. Il existe une tarification en rapport avec les
frais des écoles maternelles publiques, elle reste
accessible par vocation sociale aux familles très modestes. Les parents
souhaitant un accueil dans ces structures le font sur demande aux directrices
ou aux commissions d’admission municipales. Ils sont situés dans 8 arrondissements périphériques de la
capitale. Spécificité des jardins
d’enfants de l’OPAC et apport original social et pédagogique. Si les 3 années que l’on peut passer dans ces
jardins d’enfant respectent les programmes de maternelle, le projet pédagogique et psychosocial est différent. Encadrés
par des éducateurs de jeunes enfants,
il s’agit de petites sections de
moins de 20 enfants. Le suivi
y est personnalisé en articulation avec la vie collective. L’enfant développe la curiosité,
l’envie d’apprendre, l’autonomie et la prise en compte de l’autre. Les
rythmes biologiques sont sauvegardés et même chez les “grands” la sieste
est possible si l’enfant en a besoin. Il est transmis plus une envie d’apprendre
qu’un “bourrage de crâne” et ces enfants en sortant s’adaptent la plupart
du temps très bien en CP en gardant leur indépendance d’esprit. Le fait
que ce soit de petites structures et qu’il y ait du personnel fait que
chaque enfant est bien suivi ce qui permet de mettre l’accent sur l’enfant
qui présente des difficultés, soit par la langue française, soit parce
qu’il porte un handicap psychique ou physique, soit parce qu’il vient
d’un milieu en grande détresse sociale. Il
existe une mixité culturelle et sociale réussie, homogène, et en devenir
au sein de ces jardins d’enfants. Les enfants sont issus de milieux
sociaux diversifiés: 1/4 des enfants ont des familles dont les
revenus sont inférieur au RMI. Les 2/3 des familles ont des revenus inférieur
au revenu moyen parisien (27 600 Euros/an). Il existe une grande pluralité des origines
culturelles. Les jardins d’enfant de l’OPAC accueillent
un nombre important (21,5%) d’enfants rencontrant des difficultés psychosociale
dés la petite enfance. Ils accueillent aussi des enfants porteurs de handicaps.
Nombre de ces enfants dans un enseignement
maternel classique de par la surcharge des effectifs et le non respect
des rythmes scolaires, par les difficultés psychosociale, les handicaps
ou les difficultés linguistique, auraient pu se retrouver marginalisés
et en grande difficulté scolaire dés la maternelle, alors que le suivi
personnalisé et adapté à chacun permet à tout enfant de développer le
meilleur de lui même avant d’intégrer le CP. En cela c’est une formidable
réussite, dont le bilan devrait inspirer de façon concrète tout l’enseignement
préscolaire. Depuis plus de 70 ans combien d’enfants ont
pu échapper ainsi à un devenir qui semblait tout tracé en négatif ? Et on voudrait supprimer cela ? Bien sûr, il ne s’agit pas de dresser un
tableau idyllique, c’est un travail dur qui nécessite un suivi quotidien,
des réunions institutionnelles, un bon travail collectif pédagogique et
ce n’est pas tous les jours facile, mais cela vaut le coup de suivre cette
router. Rajouter des difficultés démoralisantes par des projets de suppression
n’est pas bien venu. L’argument
qui consisterait à dire qu’il faut les supprimer au nom de l’égalité,
parce que tous les enfants ne peuvent bénéficier de ce suivi est fallacieux.
De quelle égalité parlons nous ? De cette
égalité qui sait nommer et reconnaître les difficultés pour aider avec
tous les moyens nécessaires et adaptés ceux et celles qui en ont besoin,
comme c’est fait dans les jardins d’enfant ? Ou bien cette pseudo égalité chère aux élites dirigeante inspirées de Rousseauisme
et d’idéocratie bien pensante et politiquement correcte, qui
au nom de l’égalité, pour ne pas “stigmatiser” refuse de reconnaître les
difficultés particulières de certains enfants, tout en continuant, de
les faire passer d’année en année, de classe en classe, sans soutien particulier,
cumulant pourtant des lacunes les plus élémentaires. Comment s’étonner dés lors que des écarts se creusent de façon infranchissable
entre élèves à qui l’on a fait croire qu’ils iraient jusqu’à leurs diplômes
et qui voient les portes de la réalité se refermer sur eux et ceux qui
dans un climat plus serein ont pu suivre une scolarité sans histoire et
décrocheront leurs diplômes. Comment s’étonner que le boomerang revienne
par le biais de cette fameuse violence scolaire fondée sur l’irrespect
qui est souvent le fait d’élèves livrés à eux même avec leur lacunes et
leur honte secrète. Comment voulez vous qu’ils retrouvent une identité
digne autrement que dans la violence pour éviter l’autodestruction ? Une
violence qui n’est elle même pas juste du point de vue de celles et ceux
qui la subissent, mais qui doit tout de même s’analyser, s’expliquer.
On voit que la sélection par “l’égalité bien pensante des élites” (J.J.
Rousseau est le père de l’Etat despotique moderne) nourrit plutôt un libéralisme
d’économies rognants sur les droits et devoirs arrangeant bien ceux qui
veulent rationner les moyens et sans doute continuer à sélectionner par
le bas les esclaves modernes dont ils ont besoins. De même la reproduction
de la violence constitue l’alibi nécessaire au développement du business
sécuritaire. Car
voilà, le prétexte à la fermeture des jardins ce serait les économies,
l’alibi en étant l’égalité. Bien vu ! Histoire et climat opaque
de la volonté politique de leur suppression. Parents et
personnels ont eu du mal à découvrir les projets occultes de la Mairie
de Paris. Dés 2002, La Mairie cherchait à limiter les
places d’acceuil des enfants de plus de 4 ans, pour créer des place de crèche supplémentaires, concernant des enfants
de moins de 3 ans, 2 ans 1/2. les enfants des jardins d’enfants auraient
donc du aller en maternelle (classes déjà surchargées...). Mais la justification économique ne tient
pas debout, car si la réfection des jardins d’enfants est coûteuse et
nécessaire, transformer ces lieux en crèche nécessitera des travaux encore
plus lourds et un problème avec le personnel. Les personnels de jardins
d’enfants sont des éducateurs spécialisés. Ceux des crèches sont puéricultrices
et auxiliaires puéricultrices. Un autre univers! Comment faire sans supprimer
des emplois ? Et avec quelles ressources et vocations pour
la formation de puéricultrice et d’auxiliaires ? En tout cas dés le départ le projet a été
tenu secret, et les parents (électeurs?) écartés. Les personnels invités, par pressions, à se soumettre ont eux été fermement
rappelés à leur “devoir de réserve”. Cependant les organisations professionnelles
s’étant prononcées
contre et ayant fait circuler une pétition (Avril 2004), la Mairie a été
contrainte d’accepter un groupe de travail. C’est là que s’est constitué
le collectif de parents. Cependant, l’information n’aura jamais été
explicite, Olga Trostiansky, adjointe
au Maire de Paris en charge de la petite enfance depuis 2001, aura su
manier avec talent une langue de bois confusionniste digne des meilleurs
"politbureaux" ! Notamment après la journée de grève et de manifestations rassemblant, parents, professionnels
et enfants le 18 Novembre 2004. Il faut dire que chaque mise sur la place publique de cette question pousse la Mairie à
mettre en oeuvre une communication
se voulant des plus déstabilisante. Sauf que ce petit jeu est tout
de même bien repérable ! Seul exploit d’Olga
Trostiansky est d’avoir dans une interview accordé à “Paris mômes”
N°40 d’Avril-Mai 2005, ce supplément au quotidien Libération concernant
les enfants de 0 à 12 ans, annoncé la création d’une direction de la famille
et de la petite enfance, reléguant le social à la Direction des affaires
sociales et voulant construire une politique familiale à l’échelle de
la ville. Ne pas ouvrir de nouveaux lieux “parents-enfants”, mais créer
des moments “privilégiés de rencontre dans des lieux déjà existants”.
Des mini Paris-Plages partout et
pour les familles en quelque sorte. Pourquoi pas d’ailleurs. Mais Olga Trostiansky qui envisage par ailleurs de soumettre au vote
du conseil de Paris la création de conseils de parents dans les crèches,
n’a évoqué en aucun cas les jardins d’enfants et leur suppression.
Sans doute n’ont-ils jamais existés, ce qui sera commode pour les faire
disparaître en silence ! Staline un enfant de Rousseau! D’autre part Olga Trostiansky joue au ping-pong lorsque acculée à répondre elle
renvoie l’affaire sur l’autorité
du Maire Bertrand Delanoë. Voilà en résumé les difficultés pour faire
sortir le scandale du ghetto ! Mise en garde sur les
enjeux politiciens: Comment s’en servir sans
en être l’objet ! De principe
il faut se méfier de l’intéret des politiciens
quelqu’ils soient. Nous
avons tout de même conscience qu’ils
font parti qu’on le veuille ou non du paysage, et ainsi doivent être
analysés pour affiner les stratégies d’action. Sans
leur accorder nos suffrage et sans illusions sur leur capacité réelle
à changer la vie, nous pensons que prendre ses affaires en main passe
aussi par l’utilisation des contradictions inhérentes aux enjeux de pouvoir.
En désespoir de cause il est donc légitime qu’un collectif de parents
cherche l’appui d’autres élus pour se faire entendre. Il est légitime
pour faire gagner cette cause de faire feu de tout bois. Mais
il faut en mesurer les limites et savoir garder la main. Prendre en
main les contradictions politiciennes, mais ne pas se faire manipuler
par celles-ci comme objets d’autres enjeux. Le
cas de la réunion sur les jardins d’enfants qui devait se tenir le 16
Avril 2005 à la Mairie du IIème (Le 2ème arrondissement de Paris n’a
pas de jardins d’enfants) est éloquent.
Annoncée par tract et par presse (Journal du Dimanche) comme réunion publique
avec parents, professionnels, médias et élus y compris de l’opposition,
cette réunion fut annulée au dernier moment par la Mairie du 2ème. Des
pressions de la Mairie de Paris ont été alors fortement évoquées ce qui
ne contredisait pas sa gestion opaque de la crise. Il semblerait après
enquête que cela soit moins simple que cela. En fait la salle aurait été
réservée et présentée comme telle au Maire vert du 2ème comme une réunion
de travail et d’étude sur la question des jardins d’enfants et non pas
comme une réunion publique. Il s’avère en effet que certains Verts (majorité)
soutiennent la lutte des parents et des personnels sur certains arrondissements.
Des élus UMP (opposition),
notamment la pédiatre Edwige Antier, adjointe au Maire du 8ème, aurait alors profité de
la situation pour pousser à la réunion publique dans le 2ème. La Mairie
du 2ème arrondissement soucieuse de ne pas être manipulée par l’UMP fit
alors marche arrière et annulé la réunion. Il faut savoir qu’au Conseil
de Paris, la somme des voix Verts et UMP pourrait en effet mettre en minorité
PS et PC à ce jour favorables à la fermeture des jardins d’enfants. Mais les verts, pour des raisons qui dépassent
les jardins d’enfants, ne voudraient pas s’aligner sur un mouvement qu’ils
estimeraient déjà pris en main par une UMP qui prévoit déjà d’inscrire
la suppression des jardins d’enfants comme argument
électoral.. Le
risque actuel est que ce mouvement juste et populaire ne soit isolé par
la majorité de la Mairie de Paris et stigmatisé comme mouvement de droite
! Ce qui serait un comble compte tenu de la
teneur sociale et pédagogique des jardins d’enfants.. Tous ces calculs
politiciens sont fortement écoeurant et risquent de nuire à l’image de
ce combat. C’est pourquoi nous
souhaitons que le mouvement de parents et de personnels “garde la main”
dans ses décisions et s’il est légitime dans toute lutte difficile d’accepter
des soutiens il faut rester très reservé dés lors que ces soutiens sont
d’origine politicienne ! Nous
mettons en garde l’actuelle majorité à la Mairie de Paris sur les risques
encourus à persister dans ce projet. En effet, n’ayant aucun enjeux politicien
à défendre, nous ne lâcherons pas la dénonciation de ce scandale ni avant
ni après au cas où il aurait persisté, lorsque viendra l’heure du bilan...
La seule sortie de crise honorable pour la Mairie de Paris, qu’il s’agisse
de Bertrand Delanoë ou d’Olga Trostiansky, est d’enterrer Nous
réclamons que ce projet soit abandonné de façon claire, publique, définitive
et écrite sous le contrôle vigilant du collectif de parents et des personnels.
Et que soit donc reconnu sans ambiguïté le principe de l’accueil des enfants
de 2 ans 1/2 à 6 ans. Nous appelons à ce que cette expérience historique
puisse servir de référence et ainsi se répandre en améliorant de façon
décisive pour la réussite personnelle de tous, à commencer par l’école
maternelle. A ce propos nous dénonçons les classes surchargées, et rythmes
scolaires contraires à l’horloge biologique des jeunes enfants et appelons
par ailleurs à un effort pédagogique et psychosocial soutenu d’aide à
ceux et celles qui pour des raisons sociales ou familiales partent dans
la vie avec de grandes difficultés, seule façon d’entrevoir l’égalité.
Enfin, nous appelons à l’augmentation des places en crèche de façon à
répondre aux besoins, ce qui implique formations et embauche de personnels,
là aussi, dans des conditions décentes d’attractibilité. Pour en savoir plus,
site web du collectif des parents: http://www.soutienjardinsdenfants.net Pour protester, outre le fait de diffuser l’information:
Téléphoner aux élus chargés de la petite enfance, pour dire votre vigilance
et votre refus de voir ces structures liquidées... A commencer par : Mme Olga Trostiansky: 01 42 76 61 97. Vous trouverez les autres coordonnées
sur le site web. nb - On rapprochera pour les raisons économique et la méthode d’action de la
Mairie de Paris, la même attitude concernant la vente d’entreprise publiques
de traitement de l’eau et la vente à des projets immobiliers démesurés
la dalle de Beaugrenelle plutôt que de financer sa réfection. Et ceci
en dehors de l’avis des concernés (usagers de l’eau courante et riverains) nb - Il faut se rappeler que c’est pour s’aligner sur les critères de Maastricht
en matière de formation professionnelle que furent supprimées des formations
professionnelles en matière de santé notamment et qui font aujourd’hui
cruellement défaut. L’harmonisation technocratique pourra donc bien, au
delà des projets d’une mairie, supprimer l’expérience des Jardins d’enfants.
Ainsi faut-il se méfier des formations politiciennes qui soutiennent un
traité constitutionnel pouvant mener à terme à une harmonisation forcée... nb - Bien qu’il s’agit de grands enfants (10 ans passent vite), cette fois,
notre position est d’être solidaire vis à vis de la lutte continue des
comités d’action lycéens contre la “loi” Fillon et dénonçons la féroce
répression et le dénigrement dont ils sont victimes. Bernard Lecardinal |