Pierrot traversa la rue Blanche, sa tête complètement
vide. Des pensées lavaient traversé de tous les
côtés. Son désir de vivre, dagir, de rechercher,
était éventé.
Il souffrait dune névrose depuis ladolescence, il
en avait conscience.
Toute la journée il marchait, rêvait, pour à la
fin se noyer la tête devant la « télé ».
Un jour quil cherchait du travail pour alimenter ses revenus,
il rencontra un vieux zonard. Le personnage avait peut être cinquante
ans, et ressemblait à ces étranges gravures romantiques.
Son manteau était immense et il était couvert dune
dizaine de pulls.
Ses godillots percés avaient lair de la dernière
guerre. Il lui demanda de lui payer un coup de blanc. Pierrot lui donna
ce verre un peur par désespoir. Le vieux lui raconta quil
était peintre. Des tics le torturaient. Il lui demanda de lhéberger.
Pierrot fut hésitant, mais il céda. Il le coucha dans
sa cave et lui donna un sommier de sa mère. Dédé
apporta des valises, des sales documents, et des objets bizarres. Il
installa des boîtes de conserve sur les étagères.
Il remplit sa bassine deau. Il répétait à
Pierrot qui le regardait hagard : « Tu sais, tu peux
mappeler Dédé ?
. »
Il ny avait pas de différence. Un jour, il lui fourgua
un vieux téléviseur
.
Respect. Ils balbutient
.
Dédé était maintenant installé, il sétait
permis des travaux.
Il y avait du dallage, du papier peint, des néons, en tous deux
espaces dans sa vieille cave.
Il arrivait à Pierrot dy passer des après midi.
Il regardait le poste de télé. Dédé avait
trouvé du boulot sur un marché. Il était neuf en
vêtements.
Et il trinquait deux bouteilles pour un jour.
Pierrot sinterroge. Mais la vie prenait son habitude.
Car lui, avait trouvé du travail dans un bureau. Cétait
fini pour geindre. Il voulait une fille. Quand il en accrochait une,
elle le jetait comme un salop. Il navait pas limpression
dexister.
Devant la glace, ciseaux à la main voir ce quil fallait
couper pour être un « beau ». Branlette
au pieu. Lindividu lui avait dit « beau gosse »
au café. Rien dire çà voulait, çà
changeait un jour. Original il était narcissique ? Idiot ?
homme extraordinaire qui se retrouvait seul.
Furieux du père qui lui arrangeait une chose : « Et
les gonzesses ?... ».
Il partit vers Etretat. Dans un hôtel minable loin de leau.
Une gare de village dans la nuit. « Cest pas vrai !...tête
de con, va
».
Il campa dans un lieu nommé : « Il était
une fois la Middle Class. » Comparable à dautres.
Il descendit plusieurs whiskies mélancoliques. Langoisse
passant pas. Il dansa comme un fou. Il rencontra un beau mâle,
vingt ans, soigné, il se mit à rire.
Il éclata. Pierrot le regarda dun air idiot et lui dit : »Pas
de mal ? », Mais le jeune dandy sen remit dun
sourire gonflé. « Un drink » fit le signe.
Pierrot sentendant dans la désespérance physique,
ne dit pas « non » : je mappelle Jean.
Il avait lair très cultivé. Un discours décousu
lamenait à Debussy et à la Mer. Il était
psychotique, insolite, ça plu. Il écoutait lautre.
En deux heures de palabres, ils se donnèrent un rendez vous à
demain.
Et le jour était sec et frais. Pas de mois de février
trop senti.
Pierrot arriva en avance. Il marchait en contemplant létrangeté.
Elle était « rugueuse », bien sûr
un sable glacé donnait de drôles de particules
R.T. 09
Chapitre 1 de « La ballade de nulle part » 1983