Fragmentation

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Numéro Zéro - Décembre 2004
 

En guise d'édito

"Fragmentation" pour faire connaître de nouveaux grands artistes et écrivains, cela est nécessaire en cette grande époque de changement.

Sur le site internet il y aura d'autres présentations d'oeuvres. consultez le régulièrement.

Il faut fragmenter, couper le cordon ombilical et ne pas avoir peur de s'aventurer au large.

Ces projets ont vu le jour grâce à Mlle Claire Gabriele Lusato Mimouni qui par les épreuves qu'elle aura traversées aura permis au petit port aux perles d'amener ses lumières au milieu des ténèbres.

Avec Mlle Claire Gabriele Lusato Mimouni faisons sortir la véritable créativité du ghetto où ont voulu l'enfermer les barbares de la pensée unique.

Résistance, subversion, insurrection!...

Et dérision quant aux idiots !...

Gérard Lamboust

Fabrice caillet

MAURICE ET LES ARTISTES

Texte de Didier DAVOUST

 

“Moi, on m'a d'mandé d'publier, j'sais pas si J'suis prêt !... “ dit Michel Rmiste, pilier du Parti et du Syndicat un midi au Café-Tabac de la Mairie à Auber, à l'heure de l'apéro.  “Moi, j'vais terminer au musée, mes dessins y sont partout !... “ dit Fabrice, dessinateur et qui travaille dans une œuvre humanitaire... Fabrice reprend: “ Moi, j'suis un artiste,...moi,...moi...!!... “...

  “C'est pas fini l'narcissisme, I'nombrilisme !... “ Là, c'est Maurice qui a pris la parole devant son Vittel menthe que lui a offert Jean-Pierre, ouvrier à Renault Choisy-le-Roi... “Tous les créatifs y sont narcissiques, enfermés dans leur égo !... “ dit le grand Dédé qui travaille dans une œuvre humanitaire, devant un ballon de rosé. “Pas tous, y'a créativité et créativité !... Pas confondre technicité et souffle créatif... Le vrai créatif est ouvert sur l'autre !... » dit le docteur Tersandu devant son 102 (le 102 c'est le double du 51).   “C'est comme pour la technique, la science... On peut avoir du talent ou du génie et être un vrai con !... Science sans conscience n'est que ruine de l'âme... disait Rabelais...! de même, art sans conscience, c'est connerie !...” pontifie Patrick, responsable de la formation dans une banque et chercheur en sciences religieuses. “Les pires, c'est les acteurs de théâtre... Y vaut mieux leur dire qu'ils ont le sida, plutôt qu'ils ont été mauvais dans leur dernier rôle !... Y s'en remettent pas !... “ enchaîne Maurice.  “La vraie créativité c'est pas la dualité, c'est l'vrai souffle, I'ouverture sur les autres ! ...” continue Maurice. “Talent et créativité c'est pas la même chose !...” enchaîne le docteur Tersandu.

   “C'est comme l'autre, il a du talent pour nous servir des sous doses, mais il a pas pitié créative de son prochain qui va mourir de soif !...” dit Bébert, retraité devant sa Côte du Rhône à l'intention du serveur ...!!...  “J's'rais à sa place, j's'rais créatif !... Personne y aurait soif !... dit Christobald, autre retraité, devant sa Côte du Rhône. “Tu boufferais l'fonds d'commerce en une semaine !...”  lui répond le serveur. “ Il l'boufferait pas, il le boierait !...  dit goguenard, Guytou, agent GDF dcvant sa Kronenbourg. “Les artistes ont toujours été incompris, maudits ! Là, Christobald prend à témoin la salle et le comptoir. Il continue “Qui c'est qui paye la tournée à un artiste dans l'besoin ? !... On est tous des artistes sans l'sou !...”. “ A la poste, les salaires y z'augmentent pas !...” dit Farid, agent de la Poste et militant politique et syndical.

“ Moi...”, Fabrice a commencé de parler, mais il se fait interrompre par Maurice: “Si chacun parlait des autres au lieu d'parler d'soi I ... Tiens, I'serveur d'l'Aveyron, tu devrais augmenter la taille du miroir de derrière le comptoir pour qu'nos artistes y s'sentent exister !... Y z'en sont pas sûrs !...”.

Y'en a marre du narcissisme !... enchaîne le docteur Tersandu ... “Çà r'lève d'la psychanalyse !...” continue Michel. “Il leur manque tous quelque chose !... “ dit Patrick qui continue “Platon disait qu'y fallait relier l'vrai, I'beau et l'bien ...”...  “Ouais, I'Art doit être relié à l'éthique !... “ continue le docteur Tersandu.

    « Ouais, y'en a marre des moi, j'suis l'plus beau !... dit Maurice. “Qui c'est qui paye la tournée à quelqu'un qu'est pas beau ? !...” s'enquière Christobald . . .

    “A d'main avec le vrai souffle créatif !... dit Maurice avant de sortir ...

   “Moi ... j'ai pas l'temps d't'écouter !... j'ai un Cantal à préparer, j'fais ça avec art et conscience !...” dit le serveur à Fabrice.

 

Maurice est de retour..

Fabrice Caillet

 

PASSEPORT POUR L'AILLEURS

 

Prends vite le large,

Avant de devenir barge,

 Laisses tomber ta console,

Car tu perds la boussole,

Abandonnes ton portable,

Viens donc fouler le sable.

Puisque t'en as marre,

Largues les amarres,

Sors de tes toiles

Et mets les voiles,

Embarques sur ce navire,

Avant que ton esprit ne chavire,

Apprends la Rose des Vents

Et les îles sous le vent.

Sens-tu comme ton coeur vibre,

Maintenant que te voilà libre !

Signé: ULLYS

ar.fm@voila.fr

 

Quelques textes de Didier DAVOUST

“Communion des âmes et des biens... “

Didier DAVOUST - 9/5/2000

Communion des âmes et des biens:  l'individuel et le collectif du christianisme...: Une nouvelle modalité d'organisation sociale...

Nous sommes tous dépositaires et pas propriétaires... Nous devons user de nos capacités, de nos biens, pour promouvoir le bien-être individuel et collectif.. .

Nous sommes tous dans la communion ! !... Il faut sortir de l'exploitation affective, économique, politique, etc...

Tout le droit est à revoir ! !...

Avant tout, trouver le rapport à l'autre.. . après avoir trouvé le rapport à soi en relation avec l'essentiel ('Dieu')...

Christ. .

Communion des âmes et des biens avec le lien du corps mystique du Christ...

Cette expression 'communion des âmes et des biens' est employée chez les cisterciens...

Repensons toute la vie  économico/sociale/politique... Mais avant tout interrogeons-nous sur le psycho/spirituel !...

Par delà les idioties de la pensée unique: communion des âmes et des biens. . .

“ Les 7...”

Didier DAVOUST -19/6/2000

Les 7 semaines avant Pâque,

Les 7 semaines après Paque jusqu'à la Pentecôte,

Les 7 solennités de juin 2000,

Les 7 péchés de Marie-Madeleine,

Les 7 jours de la création,

Les 7 sceaux de l'Apocalypse,

Les 7 Figures de l'inceste,

Une riche symbolique à penser en ce 6ème mois de cette année jubiliaire 2000..., après le mois de Marie...

... '7': le nombre de Dieu...

... Le temps s'accélère, c'est le dévoilement, nous nous allégeons des lourdeurs du passé et nous regardons vers les nouvelles perspectives...

... A tout un chacun d'approfondir le sens du processus jubiliaire..., de vivre le temps jubilaire, temps ordinaire et temps de régénération...

Approfondissons dans la solitude, et évangélisons... Juin 2000 marque une étape importante (!) du processus jubiliaire...

“Avec Elie Faure... “

Didier DAVOUST - 14/7/2000

 

Avec Elie Faure, sortons de notre exil et accostons sur les nouvelles terres en vue, le territoire de l'Etre...

Rappelons qu'Elie Faure avait écrit une histoire vivante de l'Art, qu'il avait anticipé de nouvelles perspectives de vie...

Elie Faure avait positionné un nouveau souffle de vie..

Avec Elie Faure voyons le vivant !...

Regardons vers les nouvelles terres en vue, celles de notre accomplissement. . .

Regardons vers les nouveaux horizons de la vie...

Regardons vers un renouveau de l'Humanite.. . Regardons vers le petit port aux perles ! ...

Avec Elie Faure, malgré les turbulences du 20ème siècles, accostons aux nouveaux rivages de la vie.. .

Avec Elie Faure rentrons dans le 3ème millénaire...

Avec Elie Faure,

Cap sur la liberté !...

Cap vers le renouveau !...

Cap vers le nouveau nouveau monde !...

“Avec les romantiques allemands...”

Didier DAVOUST - 9/7/2000

  Avec les romantiques allemands pensons à ré-enchanter le monde, à amener un nouveau souffle vivant... Pensons à Holderlin, Novalis, etc... Avec les romantiques allemands ce n'est pas du vague à l'âme, mais c'est la constatation d'une grande déréliction qui frappe le monde, et c'est se mettre en cheminement vers l'essentiel...

Avec les romantiques allemands - dont S. Freud s'était inspiré pour élaborer sa théorie - allons à l'essentiel...

Ré-enchanter le monde, trouver une nouvelle qualité de vie...

Avec les romantiques allemands suivons un chemin excentré et excentrique menant à une nouvelle globalité de vie...

Avec les romantiques allemands vers les lueurs d'une nouvelle aube/aurore d'émerveillement, de ré-enchantement du monde...

 

 

Chapitre 25

Paul Dupont et Martine Raynaud

                    

Paul Dupont avait eté eondamné à quatre ans de prison ferme pour recel d'armes. Lui aussi lorsque je lui écrivis, il me répondit plein d'enthousiasme. Il rencontra sa compagne en prison même. Martine était suivie par des psychologues pour des crises d'hallucinations mentales. Elle était croyante et il était athée, elle, elle adhéra par amour pour lui, à toutes ses valeurs libertaires. Cependant, la proximité de l'athéisme ne lui porta pas de chance. Cela la conduisit plus tard, à mettre fin à ses jours tragiquement. Elle se jeta sous un train volontairement. Elle avait eu le phantasme érotique du Démon qui voulait la sodomiser, elle préféra se suicider.

Mais tout ceci n'advint que fort tard, en attendant Martine filait le parfait amour avec Paul. J'allais la voir chez elle et Paul à sa  sortie de prison, et généralement elle m'avait toujours bien accueillie. Au début Paul m'aimait bien, il avait de la tendrese à mon égard. Notamment je lui fis part de cette Manif à Nice où j'apparaissais tenant un drapeau noir à la main et faisant irruption parmi les manifestants, on l'a vu. Cela lui avait plu et en me quittant il me fit un gros bisou avec sa main.

Ensuite ensemble avec Martine, ils me   raccompagnèrent à la Gare d'Issy-les-Moulineaux. Plus tard, ses sentiment de tendresse se détériorèrent. Dieu seul sait pourquoi.

Paul Dupont conserva de ses jours en prison, une petite paire de sabots sculptés que lui avait offert un détenu.

Avec Paul Dupont, j’avais affaire à un révolutionnaire concret, pur et dur certes, mais ayant risqué sa liberté pour ses Idéaux...

 

Extrait du manuscrit “Le Goulag Liberaire” de Mlle Claire Gabriele Lusato Mimouni.

 

 

Raoul  Tévès Zimmerman

 

LE REGARD DU CYCLOPE

Pièce en quatre

actes tragi-comique.

(écrite en Avril-Mai 1979 et dédié au docteur Michel gangoi)

             

                   Raoul Tévès                  

175 rue Saint-Honoré 75001 PARIS

 

Personnages:

ULYSSE : Héros grec

PYGMALION : Roi de Tyr

Madame ZERVEZA : femme de Pygmalion

VERONIQUE: Fille de Pygmalion

JEAN CHARLES : domestique

HITLER : dictateur

Acte un / scéne une:

Decors: une pièce assez meublée où donne des bouches d'égouts. Eclairage coloré. Ulysse au centre,puis  arrive Pygmalion.

Monologue d'Ulysse :

- “Je suis cette larme de Mercure brûlant qui anéantit le rien de mon corps, mon sang traversé d'ultra-violets donne à mes muscles une lumière de nuit. Je cris misérablement mon incertitude mais personne n'écoute ce cri de muet. Plus je souffre, plus les mutans m'encouragent.Je ne suis qu'une roche glacée. Mon malheur n'existe pas encore, je suis dans un trépas éternel... Les mécaniques transcendantes et incompréhensibles d'une aiguille arrachent à mon coeur de faux rythmes.”

Entrée de Pygmalion

Pygmalion :

- " Bonjour Ulysse.Je suis sûr que vous êtes en train de souffrir pour peut-être rien,ou une nostalgie de voyage ?

Ulysse (violant) :

-”Peut-être !”

pygmalion :

- “De toute facon vous êtes condamné,votre temps est fini. Et vous êtes là, car il faut que vous soyez là.”

Ulysse:

- “Je n'y comprend rien !"

Zones Erogènes

Maistre tristan 1/8/96 + Miss Clairette

Extrait d’un manuscrit commun

  Comment faire l'amour se demandent-ils?! ... Comment atteindre "le corps du Bouddah"  "le corps cosmique"?...

...Il est grand temps d'inventer la véritable hétérosexualité, l'amour dans le blanc du vide éthique énergétique...loin de toute fornication clivée entre le sujet et l'objet, le sentiment/intention et l'acte.

Tout le corps est zone érogène sans fétichisme. Pour arriver à ce stade il faut avoir dépassé la problématique refoulement/défoulement.

Un nouveau Kamasutra est à inventer, écrire...dans le cadre de la véritable hétérosexualité..

Il y a plusieurs niveaux quantiques énergétiques du corps et de l'esprit. Comment faire l'amour?!...dans le monde on a inventé la baise, basée sur le clivage du sujet, sur le non-échange...que ce soit la partie de jambes en l'air homosexuelle ou pseudo hétérosexuelle...

Partant c'est la misère ou la malédiction!!...

La Femme et l'Homme ont été crucifiés, culpabilisés, par des idiots religieux qui ont tout confondu, qui ne sont jamais nés.

L'Homme et la Femme sont au delà du pulsionnel païen, polythéiste,...de la problématique du mâle et de la femelle... L'Homme et la Femme sont tout entiers zones érogènes!!....qu'on se le dise!!... ...et que l'on passe à la pratique!!... Et choisis ton partenaire et que ton partenaire te choisisses-t’ai choisi, il faut la liberté réciproque.

Parole du simple grain de sel : clairette...

Pour faire l'amour, il faut avoir envie de le faire, naturellement, il faut déjà être  dans l'amour physique sentimental passionnel intellectuel.

Il faut avoir le feu déjà, sinon c'est du bide.. Le feu est donné d'abord, par la vie le hasard, la destinée, le karma, etc.. pour moi, pour manger il faut d'abord avoir faim, et alors on mange avec plaisir. Je ne crois pas beaucoup au discours inverse: que l'appétit vient en mangeant, sauf dans deux cas précis: celui, désespéré, actuellement le mien qui consiste à gratter ciel et terre pour porter les moindres petites flammes et émois jusqu'à l'accomplissement final de l'amour total, pour moi aimer, c'est pour la vie et c'est pour la mort aussi. Comme disait le romantique Léo Férré, partisan de Roméo et Juliette, "si dans l'Amour il n'y a pas aussi la mort,ce n'est pas encore véritablement l'amour" "Au loin dans les galaxies...lointaines..on pleure! on pleure"

Un amour  totalement et intégralement joyeux et majeur, pour moi serait fade, petit-bourgeois, pompier et académique, vite ronronnant.. Il faut que ça fasse mal sans quoi la Jouissance n’est pas si aigûe, au milieu du bon vertige étoilé. Il faut rire et pleurer, chanter et agoniser, vivre et mourir, entre la vie et la mort, follement,  passionément, éperdument  désespérément...stade extrêmes..

Je suis pour la santé, en amour, mais un amour trop sain, à l'américaine, c'est la fin du vrai bonheur poignant, poignardé et poignardant, avec toute la douceur qui sucre ton karmaSoutra...Bien sûr que tu es miel, si miel, si doux,  doux à en perdre le sens, la raison... Il n’y a pas plus violent en amour que les doux... Je n'ai jamais vécu de vie en couple, mais je crois que je sais pas trop mal de choses, innées, sans avoir fait ni appris.. On peut avoir un sens inné, sans pratique ni expérience, de toutes ces choses-là, ça existe, c'est pas absurde.. Y en a qui ne conçoivent pas ça, ils disent, au ras-des-pâquerettes: comment tu peux savoir ce que c'est, sans avoir essayé? On peut savoir ce que c'est, quand on le possède dans l'âme... En attendant de passer à l'actualisation... je n'ai jamais prôné l'amour platonique tout en pensées et émotions solitaires..Je suis pour le faire, le vivre, l'être à deux..

 

Fabrice Caillet

   La désobéissance est-t-elle civique ?

Qu'est-ce que la désobéissance? Qu'est-ce qui est Civique ?

Le civisme, renvoie à la citoyenneté et à ce qu'elle contient. Et il y a différentes modalités d'envisager la citoyenneté et le civisme.

Le civisme est-t-il la soumission aveugle incluant le respect de tous les interdits et l'acceptation de toutes les obligations légiférées par  la hierarchie légale, éventuellement "légitimisée" par une pratique annoncée comme démocratique?

Il est nécessaire de s'interroger pour cela sur des questions telles que l'interdit et l'obligatoire, la loi et la légitimité, le droit et le devoir, la démocratie, la hiérarchie et la loi.

En ce qui concerne l'interdit et l'obligatoire, Il est aisément concevable de considérer toute obligation ou ordre donné, comme détestable, de principe, surtout lorsque l'ordre donné est de vous faire faire quelquechose que votre "conscience" réprouve. L'ordre ou l'obligation de faire, dicté par autrui est toujours une violence.  

D'autant plus forte lorsqu'elle est contraire à un principe dont on se réclame, ou lorsqu'on ne peut pas ou ne sait faire, mais aussi lorsque l'on adhère à l'idée de l'acte. Incontestablement l'ordre donné est toujours autoritaire. La désobéissance apparaît donc ici, facilement identifiable comme refus et affirmation d'une liberté, celle de n'avoir d'ordre à recevoir de personne.

Il est des circonstances, la guerre et le militarisme, ou l'on peut vous donner l'ordre de faire quelquechose que vous réprouvez, tout en jouant votre peau si vous refusez. Il faut là une grande abnégation de soit même pour oser désobéir au péril de sa vie. Mais, à l'autre extrémité, il est des circonstances où l'autorité vous oblige à faire quelquechose d'ignoble, mais pour laquelle le refus ne vous fait pas risquer  votre peau, mais seulement votre ascension sociale. la non désobéissance, dans ce cas se confond avec l'adhésion à la réalisation de la chose ignoble. vous en êtes responsable même si vous invoquez le "devoir civique et de principe d'obéissance à la hierarchie supérieure".

S'il est facile d'imaginer la remise en cause du principe de l'obligation, comme étant toujours fondé sur un arbitraire, l'interdit est plus problématique, car il ordonne ce qu'il ne faut pas faire sous peine de... Ici lorsqu'il y a désobéissance, il y a transgression aussi.

On peut rétorquer que l'obligatoire est forcément rattaché à l'interdit de désobéir, ou que l'interdit est rattaché à l'obligation de ne pas transgresser. C'est aussi vrai, mais pour plus de clarté, j'ai préféré dissocier les deux.

En fait, si l'on conçoit donc que l'on peut abolir tout l'obligatoire, il parait difficile de concevoir d'abolir tout interdit. Il y a les interdits concernant des actes qui ne sont pas une atteinte à la dignité d'autrui, ils sont donc arbitraires et liberticides et leur transgression représente une forme de désobéissance légitimée par le fait que cet interdit était un arbitraire. Mais le fait de dire "qui ne sont pas une atteinte à la dignité d'autrui", laisse penser qu'il existe des interdits fondamentaux, base fondamentale d'une société humaine.

Le fait de porter atteinte à la dignité de l'autre, peut être considéré comme interdit.

Considérons que le respect de cet interdit fondamental, représente le civisme de base, le fait de nuire à la dignité d'autrui est une désobéissance, une transgression de cet interdit.

Le fait de donner autoritairement l'ordre de faire faire quelque chose à quelqu'un qui réprouve l'acte en question, est donc une transgression, une désobéissance à "l'interdit d'obliger".

Le refus d'obéir à l'ordre donné, la désobéissance, se fait donc au nom de "l'interdit d'obliger" et de surcroît d'obliger à faire faire un acte qui porte atteinte à la dignité d'autrui.

C'est dans ce cas la désobéissance à l'ordre donné, qui force celui qui a donné l'ordre à obéir à l'esprit de l'interdit. Donc ici c'est la désobéissance à l'obligatoire qui rétablit l'obéissance à l'interdit.

En fait tout tourne autour de cela.

L'interdit fondamental de porter atteinte à la dignité d'autrui (par exemple en lui donnant des ordres), l'interdit du meurtre, du viol, de la manipulation d'autrui, de l'inceste, du cannibalisme meurtrier, de l'exploitation, de l'autoritarisme pose la question de la loi fondamentale, comme base d'une société. Cette loi, la loi, est légitime, non parce qu'elle a reçu le consentement du plus grand nombre, mais parcequ'elle est humainement légitime, éthique et aisément concevable.

Autant dire que la loi fondamentale, loin s'en faut, n'est au niveau général ni intériorisée, ni appliquée. Elle est cependant, et elle est de fait légitime. Son respect et le fait de la promouvoir consciemment représente, à l'echelle d'une société la marque du civisme et pose la question en termes politique.

Ainsi désobéir à tout ce qui porte atteinte à l'esprit de la loi fondamentale est une marque de civisme.

Seulement il y a Loi et loi. A côté de la Loi fondamentale et pouvant donc la transgresser d'autres pratiques élaborées au cours de l'histoire on pu faire croire que la loi était celle de ceux qui la transgressaient en portant, par l'arbitraire, la manipulation, l'autoritarisme, l'exploitation et le meurtre, atteinte à la dignité. C'est la loi du plus fort, mais ce n'est pas la Loi.

Cette loi du plus fort ou du plus malin, peut s'imposer par la force brutale . Dans ce cas elle aura beau tenter de se justifier - justifier étant rendre juste - elle n'en restera pas moins et de fait illégitime, injuste, et donc hors la Loi.

Cette loi du plus fort peut aussi s'imposer par un jeu adroit de manipulations se pensant légitimée par ce qu'il y aurai consentement du plus grand nombre, c'est à dire en invoquant l'esprit de la démocratie. le plus grand nombre résigné, manipulé, n'ayant pas eu accès à l'information peut-il être alors considéré comme preuve de la légitimité d'une législation ?

Assurément non !

Il faudrait pour que l'on évoque une démocratie que cela soit sur la base de la Loi, légitime, portant interdit sur l'atteinte à la dignité humaine et qu'ainsi les réglementations élaborées, par les gens le soient sur la base de ce respect, de l'information et du débat complètement libre incluant la possibilité de l'expérimentation minoritaire. cela n'est pas le cas.

En regard de l'abstention, des votes blancs, des étrangers, des privés de droits civiques, des mineurs et des incapables majeurs sous tutelle - autrefois il y avait aussi les femmes - tous ayant quelque chose à dire sur ce qui est de l'ordre du public, en regard des électeurs des candidats adverses, il faudrait qu'une "majorité" ne représentant que 20% de la population, dite non manipulée et bien informée, légifère sur des règlements abusivement nommés "lois" pour qu'ils soient légitimés ?

Assurément, encore, non !

En ce qui concerne les lois sur l'immigration de Debré et Chevènement (sans oublier les précédents Joxe, Pasqua), tout a porté sur une pseudo Loi abusivement légitimée au nom d'une majorité reposant sur une vraie minorité (manipulée par des informations truquées), contre laquelle s'opposaient des gens au nom de la loi fondamentale de dignité, au nom de la légitimité, mais n'ayant pas assez de puissance - encore -, même en appelant à désobéir pour réellement faire force de loi.

Il en a été de même pour le mouvement des chômeurs, dans ce contexte de misère dans l'abondance, Mouvement légitime et dans l'esprit de la loi - et même ici de la déclaration des droits de l'homme et de la constitution, donc déjà écrite - et pourtant ici méprisé au nom des pseudo représentants et gestionnaires de la loi.

Il faut bien se mettre à l'esprit que la Loi, n'est pas la hiérarchie, car d'une façon ou d'une autre la hiérarchie se construit toujours en désobéissance, sur la base de la transgression, de la Loi. Par conséquent, la hiérarchie se situe au dessus de la Loi et donc hors la loi.

Cette hiérarchie élabore toujours une pseudo Loi, en réalité véritable réglementation à son service et qu'elle sait d'ailleurs transgresser quand ses intérêts sont en jeu et qui a fait se substituer par un savant tour de passe passe sémantique, le respect de la hierarchie comme respect de la Loi. Confusion où c'est la hiérarchie qui emprisonne la Loi et la rend occulte.

A tel point, qu'elle a rendu difficile à ceux qui contestent radicalement la hiérarchie, l'abord serein de la question de la Loi et de sa légitimité.

On entend souvent crier “à bas la loi”, contre la hiérarchie et ses pseudos Lois, alors que c'est vive la Loi et sa légitimité qu'il faudrait, si l'on veut poser l'action politique en profondeur, affirmer comme préalable à tout mouvement.

Bien sûr rester dans l'esprit de la loi, nous amène à devoir élaborer l'action politique radicale dans le respect de cette dignité, ce qui peut paraître moins efficace que de l'imposer brutalement et risquer d'en violer les fondements en rétablissant quelques avant gardes auto-proclamées. C'est toute la difficulté.

Mais pourquoi ne pas envisager clairement le respect de la Loi et de sa légitimité, comme fondement de l'action civique et de l'élaboration politique, en utilisant de façon légitime des armes telles que la désobéissance, l'insoumission, la grève, le sabotage, le boycott, l'entraide, la solidarité, la contestation, la construction, la falsification, le blocage de l'acte nuisible à autrui, afin de remettre dans le fil conducteur de la Loi les forces perverses et dominatrices, qui hors la Loi, nous dominent "légalement" mais de façon illégitime. Tel est l'enjeu à mon sens de l'action civique et de son prolongement politique aujourd'hui.

  Pour faire force de Loi, désobéir à la légalité illégitime.

Pr Duyvem

Hiver à Malakof