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Nouvel an YM
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| Nouvel an : ce qui doit être lu... |
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Le nouvel an, est toujours l'un de ces rares moments où convergent espérances, attentes et résolutions. Premier Janvier, le calendrier romain fait de ce moment - au delà des apparences convenues - un événement bien plus religieux et chrétien, que peut l'être Noël, cette fête anté-chrétienne récupérée. Le calendrier romain s'est imposé au monde par des conquêtes militaires et commerciales. Si les peuples non européens sont émotionnellement touchés par Noël, c'est qu'au delà de la récupération chrétienne coloniale et même lorsqu'ils ont intégré le rite chrétien, ils perçoivent la puissance de ce moment dans un rapport de l'humain à la nature. Et même s'ils ne sont pas confrontés historiquement, pour leurs survies et leurs existences, aux mêmes conditions atmosphériques et eco-systémiques, il y a partout dans le monde des moments saisonniers où la confrontation humain/ nature est très forte et amène ses propres rites sociaux sous forme de fêtes et célébrations. C'est cela que l'on peut percevoir avec Noël: les derniers signes d'un lointain passé où l'homme européen, avant même qu'il ne devienne paysan et sédentaire, se confrontait aux cycles naturels qu'il célébrait ou tentait de conjurer. Il y a 10 000 ans, en Europe, l'homo sapiens-sapiens, dernière
espèce connue d'hominidés a y séjourner (Neandertal
ayant disparu depuis 25000 ans), survivait dans une nature hostile et
glaciaire. Le réchauffement climatique permit ensuite une expansion
végétale et animale, avec les forêts et les plaines,
condition incontournable d'une modification des conditions d'existence.
Une chasse plus difficile sur le plan "sémantique", mais
plus abondante quant aux possibilités, une diversité végétale
plus grande. Mais les clans restaient soumis aux variations saisonnières:
les chasseurs/cueilleurs/pêcheurs devaient leur survie autant à
leur fécondité qu'à leur adresse. L'hiver, il fallait
avoir gardé de quoi tenir jusqu'au beaux jours et savoir pister
ce qui semblait vivre encore: fruits d'hiver, bois, petits animaux. Et, puis l'humain d'Europe appris, découvris, ce que d'autres
comme lui, ceux du "croissant fertile" avaient découvert
et appris avant lui: domestiquer la nature végétale et certains
animaux lui permettant une sédentarisation et la prise de conscience
du travail et de sa propriété. Sédentaires, le rapport
démographique passa de 1 à 5O, mais la nature sauvage restait
encore vaste et abondante. Quelques peuples de nomades subsistèrent de plus en plus difficilement
dans un monde de paysans sédentaires remembrant tout l'espace et
bientôt gagnés par la séparation des fonctions, leurs
descendants appelés "gens du voyage" sont encore de nos
jours persécutés, en Europe. Pour les paysans, les cycles
du soleil et de la lune devinrent fondamentaux: observés de façon
savante, ils furent célébrés mais aussi parfois totémisés
et fétichisés. La nuit la plus longue, précédant
le rallongement du jour par rapport à la nuit, retint toute l'attention
des humains. Le solstice d'hiver devint un moment de célébration,
faite de crainte et de joie mêlées, de rites et de fêtes,
dans l'attente et l'espérance du retour des jours fertiles et abondants. Alors quelles résonances, en cette période de Noël et d'an neuf, avec les événements contemporains. Nous sommes plus de 6 Milliards et cela ne fait que croître et multiplier. Nous subissons déjà nos propres effets dévastateurs sur l'espace naturel, des millions de gens meurent de faim et de soif, le système semble lui même en panne, plus personne ne semble en capacité de comprendre et de contrôler tous les tenants et aboutissants. L'argent pris dans sa qualité spéculative est lui même en crise. Le progressisme classique est mort, comme le fut Dieu, et les manifestations radicalisées religieuses ne sont que d'ultimes et bruyants soubresauts de passés mythifiés et révolus qui ne portent aucune solutions aux problèmes du temps, sinon qu'ils en accompagnent l'aggravation. Régulièrement des découvertes scientifiques démentent l'histoire sur laquelle étaient fondées les religions du dieu unique: La nébuleuse Orion, une maternité des étoiles, plusieurs espèces humaines ayant coexistées avec la notre, Neandertal mais aussi dernièrement le petit homme de Florès, des mise en oeuvre particulaires et high-tech époustouflantes, des connaissances psychodynamiques et cliniques de plus en plus approfondies.... Crise Financière Et si la crise n'était qu'une tentative de renforcement de ce capitalisme, garanti par les états-nation, contre les individus fragilisés et atomisés ? Si elle n'était que la manifestation d'une guerre féroce entre divers intérêts, annonçant des changements importants du cadre de vie, de la hiérarchie des puissances et des priorités reconnues ? A la faveur de la crise écologique, un capitalisme vert produisant et imposant, à crédit renouvelé, relancé et croissant, toute une gamme d'objets nécessaires à la vie moderne au nom de l'éco-citoyenneté, mais sans changement structurels de fond. Un capitalisme occidental cherchant à tout prix à rester dans la course et en situation dominante vis à vis des capitalismes émergents venus des tiers mondes... Un pari risqué pour le capitalisme qui doit sa survie à sa capacité de relance vers de nouveaux marchés. Paradoxalement, cette crise là, qui est peut-être la première manifestation d'une limitation réelle de l'expansion capitaliste se heurtant au limites du monde, semble préparer son rebondissement sur sa propre finitude en préparant la relance éco-capitaliste... S'il échoue, dans cette relance, non seulement dans ses profits immédiats, mais dans la nécessité d'une harmonisation démographique, matérielle, éco-systémique dans le rapport de l'humain au monde, alors ce sera sa fin. Comme on imagine mal le capitalisme renoncer au profit spécultif, nous rentrons pour les prochaines décennies dans une période chaotique de profonds bouleversements. Dans le bon sens, ou la mauvais sens, selon la prédominance des forces en présence. Etat et banques... Barak Obama, comme en France Nicolas Sarkozy pour l'Europe ont cherché
des solutions de garanties par l'Etat aux banques, dans le but, de repositionner
leurs économies en relançant l'activité productrice
de croissance du marché national, voire continental, afin de se
placer en position de leader profitant de ce moment de faiblesse des autres
économies liées à la crise. Mais cela s'est vu et
ne sera pas pardonné (voire la Chine) et cela n'a pas vraiment
eu, pour le moment, de succès visible tant le marché et
les spéculations sont complexes et intriqués au niveau mondial.
Pour le moment, aux USA, cette tentative est mise en échec, certainement
par des intérêts supranationaux dépassant le cadre
US. Pouvoir et autorité Le fait qu'il y a quelques années, alors ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy survola le ciel de Paris en hélicoptère une nuit de la Saint Sylvestre, n'en fait pas le profane Saint Nicolas. Il essaie d'asseoir son autorité contestée, en se montrant homme de pouvoir, mais il y a une différence profonde entre ce qui relève de l'autorité et ce qui relève du pouvoir. Il a même tenté, avant son dernier mariage un simulacre de sacre par le pape Benoît XVI, dans le seul but de montrer qu'il était garanti par le pouvoir spirituel de la religion romaine, mais nous ne sommes plus au temps des rois chrétiens et l'influence de l'église, en perte de vitesse bien que médiatiquement active, reste insuffisante pour ce type de dessein. Pouvoir temporel et spirituel, comme croisement de deux fonctions dominantes lorsqu'elles sont séparées de la troisième, productrice, n'ont plus le même sens dans un monde exclusivement contrôlé par les aléas du marché. Civilisation et biopolitique... Nicolas Sarkozy, a définit la civilisation comme ce qui se rapportait
au "vivant". C'est très dangereux et réducteur,
mais révélateur de sa politique. Réduire la civilisation
au vivant, nous fait rentrer dans la "biopolitique", c'est à
dire la gestion du vivant par la non prise en compte de la filiation,
de l'affiliation et de l'existant. C'est pourtant l'existant qui fonde
la civilisation. Le "vivant" isolé et sa gestion nous
mènent à la gestion de masse, comme l'est la traite du travail.
C'est totalitaire et intemporel. L'existant inclus et dépasse le
vivant, et relève de la filiation qui n'est pas seulement familiale.
On peut être mort et néanmoins existant par une oeuvre transmise
et toujours active. D'une autre façon un personnage mythique issu
d'un lointain passé, mais porteur de valeurs toujours actuelles,
peut se mettre de nouveau à exister dés lors qu'un être,
vivant, à la hauteur de la situation les incarne... On perçoit mieux, à quel point la génération politique actuellement à la tête de l'Etat, a été influencé par ces clubs très à droite, voire d'ultra droite, très actifs dans les années 70 puis 80. Ces clubs ont développé par réseaux ramifiés leur contre-révolution culturelle et aujourd'hui politique: nouvelle droite et surtout club de l'horloge. Une horloge qui évoque le balancier du retour en arrière, portée par une génération qui non seulement remet en cause les acquis sociaux du conseil national de la résistance, mais entend bien inverser le processus. Ce qu'ils appellent réforme, ne relève même plus de la contre réforme, mais d'une contre révolution. Travailler plus, plus longtemps et se contenter du peu que l'on a. Liquider Mai 68..? Dés que Nicolas Sarkozy est arrivé à la présidence
de la République, il a affirmé qu'il allait liquider Mai
68. RGPP... Plutôt que de garantir la continuité des services publics,
l'Etat leur fait porter le poids de sa propre dette, sans aborder la question
au niveau de la politique internationale. La question se réduisant
à la seule adaptation à l'aléa des marchés.
Ainsi, les soit disant déficits des services publics ont été
créés ces dernières années par la politique
d'Etat, devenant alors une charge imposée à ces mêmes
services dont les missions sont par ailleurs orientées vers des
formes nouvelles de privatisation. La révision générale
des politiques publiques (RGPP), est l'incarnation de cette politique...
Lorsque l'on vous dit que tel hôpital - comme les 3/4 des hôpitaux
- est en déficit de tant de millions d'Euros, ce n'est pas du à
des erreurs de gestion de cet hôpital, mais à la RGPP, qui
fait que ce déficit particulier créé est à
comprendre comme une pièce de la mosaïque de la dette d'Etat.
Créant de ce fait un budget restreint dont le différentiel
avec l'ancien budget doit correspondre avec la part de dette dont l'Etat
rend responsable l'hôpital. Ainsi 60 Millions d'Euros de dette publique,
se voient au détriment de la qualité, et de façon
aveugle, amputés aux différents services publics. Au détriment
du service et du public ! Démographie et migrations... Revenons un instant sur 68. Ce qui est le plus important à souligner,
c'est qu'en Mai 68 il y avait sur la planète moitié moins
de bouches à nourrir qu'en Mai 2008. Sans papiers... En France la condition des sans papiers, et des migrants en général, en est une illustration. Il faudra revenir sur l'affaire du "deal" survenu entre le gouvernement français, via le ministre Mr Brice Hortefeux, et la CGT via madame Francine Blanche, à propos de la régularisation de 1000 sans papiers qui fut aussi une régularisation des patrons voyous proches du pouvoir qui "employaient", des sans papiers. Le problème n'étant en rien réglé, il y a occupation de la bourse du travail de la rue Charlot à Paris par 1300 travailleurs non régularisés, occupation depuis Mai 2008 que les services d'ordres des différentes confédération syndicales s'apprêtent à faire cesser manu militari, au nom des accords, c'est à dire du "deal" passé avec le pouvoir politique... D'autres migrants, historiquement derniers descendants en Europe, de peuples qui ne s'étaient jamais sédentarisés, subissent aujourd'hui toutes les persécutions et exclusions dans un univers encadré par les Etats et les communautarismes de marché. Voir l'actuelle persécution et stigmatisation des Roms, en particulier en France. Nous cherchons toujours, des références historiques dans les phénomènes passés, pour tenter de comprendre ce qui est en train de se passer et ce qui pourrait se passer. Il y a cependant toujours une inconnue liée au fait que ce qui peut arriver dépend aussi de la croissance démographique et que des conditions inédites et décisives se manifestent sans que l'on ait pu les prévoir car elles sont vraiment nouvelles. Humanisme et Loi... Envisager une nécessité de stabilisation démographique
heurte, sur le fond, un certain humanisme, lequel, même laïc,
n'a pas remis en cause la suprématie dominante de l'humain sur
la nature déjà "légitimé" par le
monothéisme. Cet humanisme laïc a même rejeté
sur la nature les qualificatifs désignant les actes criminels de
l'humain. Cet humanisme là s'est fondamentalement trompé
et, tout mouvement reposant sur lui est voué à l'échec
et ne peut qu'entretenir l'aggravation de la situation.. Un humanisme
qui n'est que la forme laïcisée du monothéisme, qui
tout en rejetant souvent la croyance en dieu et plus souvent les institutions
religieuses et leur main-mise sur l'espace publique, n'a pas accompli
véritablement son émergence fondatrice. Il n'a pas remis
en question les fondements de la loi dictée par ce dieu unique
créé par l'homme patriarcal et, par conséquent, il
ne s'est pas affranchi du dogme de la suprématie dominante de l'espèce
humaine moderne sur le reste de la nature. Cet humanisme là, s'est
fondé sur l'idée que la nature est suspecte et que seul
compte la culture même lorsque celle-ci nie l'importance de la nature
et le fait que nous en sommes issus. L'homme a créé le dieu unique à son image, comme
devant légitimer son action dans la société paysanne
qui s'étendait et se surpeuplait, de générations
en générations. Langage... Accompagnant l'expansion paysanne de l'humanité, la névrotisation
collective, le tissus de mots, le parler et l'écrire, façonnèrent
l'espace et le temps humain sous différents modes selon les latitudes
et les histoires. Pris dans ce tissus de mots incarnés, l'humain
s'est coupé sensoriellement de la nature et de ses signes et signifiants
infra-verbaux, et ainsi n'investir que nombre de cultures de lui même.
Car le verbe, l'écriture et leurs névroses collectives,
ont occulté la place de cette sensorialité, coupant complètement
l'être humain de la nature en lui permettant trop souvent de la
saccager, de la mépriser, et de l'utiliser à son seul profit,
d'autant plus que le "Dieu unique" le légitimait dans
cette tendance. Rares étaient ceux et celles qui tentaient de comprendre
et d'aimer la nature, en dehors du profit, au delà de la crainte,
pour le seul plaisir de la science curieuse ou de la poésie contemplative. Un des enjeu à venir, à commencer par le "futur antérieur", plus réel qu'un "présent" qui n'est pas, est et sera de décrypter, de désigner et de détourner, les mots et signifiants de cette "novlangue". Aujourd'hui aux USA, la langue de la domination fait bon ménage
avec la justification du religieux monothéique, pour légitimer
toujours plus de saccage des ressources et de l'espace naturel. Saccage
légitimé par certains christianismes complètement
affranchis des tabous sur la cupidité et sur la nature: croître
et multiplier, encore et toujours plus !... Et pour en revenir, à la conquête incessante de l'espace
naturel, le mouvement démographique lancé il y a bien longtemps,
en s'amplifiant encore et toujours, ne semble poser de problèmes
à personne quant à l'avenir. Je disais plus haut qu'une
stabilisation de cette démographie s'imposait, mais que cette idée
heurtait le plus souvent l'humanisme laïc d'un côté
et l'idéologie religieuse de l'autre. Je pense avoir montré
à quel point ces deux points de vue sur l'humanité n'étaient
pas si antagonistes que cela, mais consubstantiels. J'ai remis en question
la loi monothéique et les droits, officiels, de l'homme. Ce que
craignent les humanistes laïcs, lorsqu'on parle de stabilisation,
voire de réduction démographique, c'est le massacre, l'extermination
de masse, la guerre. C'est pourtant ce qui risque d'arriver si rien ne
se passe en conscience, en faveur d'une stabilisation entretenue dans
la paix. Sur le fond il faut stabiliser, mais bien sur attention à
la forme, cela ne peut s'appuyer ni sur la contrainte physique, ni sur
la paupérisation, ni sur le massacre de masse. Quoiqu'un certain
équilibre entre incitations et contraintes (allocations limitées
?) financières soient à envisager, à côté
de l'aide et de l'information. Refondations... Attention, je n'ai pas dit qu'il fallait abolir l'humanisme en soit,
et abolir toute loi. j'ai cherché à rendre visible le fait
qu'il faut refonder l'humanisme en reconnaissant le lien de l'humain,
dans le temps et dans l'espace, avec la nature. Il faut refonder l'humanisme
en reconnaissant la complexité intrinsèque de l'humain et
en sachant reconnaître ce qu'il y a d'humain lorsqu'il commet le
pire même s'il faut combattre cette tendance. C'est bien pour cela
que la loi est nécessaire, mais une loi refondée, réécrite,
sachant se positionner comme un interdit de la domination de l'humain
sur l'humain et de l'humain sur la nature. Une Loi sachant trouver sa
légitimité dans le sens du désir et dans le désir
du sens: la quête merveilleuse d'une élévation qui
ne se fait pas au dépend des autres. Réanimer le désir du changement... Mais comment réanimer le désir du merveilleux, du changement,
et de la sortie de catastrophe ? Dans les pays riches, l'hiver social et politique est mis aussi en avant par la domination et a souvent "bon dos". C'est aussi le moment, provoqué ou utilisé, permettant aux puissances économiques de relancer prochainement une consommation de masse, éco-citoyenne et responsable, à crédits recapitalisés et renouvelés, éco-citoyenne. Le moment aussi d'éloigner (remettre "à leur place") ces capitalismes émergents venus du tiers monde qui inquiètent tant les anciens empires. Mais cela ne peut aller que dans le sens de la catastrophe qui vient. Cela n'est validé que par cette "novlangue" de la domination (qu'elle soit de racines anglo-saxonnes, allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles...). Le sens des mythes... Nous pouvons trouver du sens dans les anciens mythes. Ils mettent le
héros face à l'impérieuse nécessité
d'accomplir une oeuvre titanesque, justement destinée à
la sortie d'une situation des plus désespérée. Le
héros mythique est existant, même s'il n'est pas vivant.
D'abord parce que le mythe s'enracine dans des événements
oubliés et très anciens mais qui évoquent des exploits
qui ont un temps donné changé la vie d'une façon
mémorable et transmise. Il en est ainsi des mythologies, des contes
même "faériques" et bien sur des légendes.
Bien souvent la recherche historique ne retrouve que peu de chose en rapport
avec ce qui s'est vraiment produit. Nous pouvons, cependant, évoquer
l'existence de ces héros mythiques, car les humains, de génération
en génération, leur ont donné une existence. Ils
font partie d'une culture vivante et riche aux maintes illustrations et
interprétations. Ces héros ne sont pourtant plus vivants,
s'ils le furent un jour. Ils n'étaient que des êtres humains,
peut être pleins de "défauts" mais qui accomplirent
ce que l'on nomme un exploit décisif. Le héros mythique
a incarné, comme s'il s'agissait d'un cahier des charges, un certain
nombres de valeurs jugées difficiles d'accès mais admirées
du plus grand nombre et propre à ce qu'en rapporte la légende.
Et c'est cela qui est existant, à la fois si proche à atteindre
et si inaccessible. Cet ensemble de valeurs et d'actes identifiés
symboliquement, n'attendent ensuite pour les faire vivre que l'inconnu
qui les incarnera à nouveau et redonnera au héros mythique
une nouvelle existence vivante. Ainsi, "l'espoir Breton" en le retour du "royaume de Camelot" peut-il renaître, puisqu'il ne s'agit pas d'une personne, mais d'un titre dont il faut être digne. Espoir qui dépasse la seule cause des celtes car en invoquant la paix partagée, cet espoir concerne toute l'humanité. C'est sans doute cela qui explique le succès quasi universel d'Arthur avec quelque chose qui n'a pu être épuré, quelqu'en soient les interprétations littéraires: un invariant subtil, oblique et inconscient qui reste actif... Le roi Arthur même récupéré, est un titre, un cahier des charges, une profession. Qui en sera digne ? Ceux et celles qui ouvriront, sans dominer, sans abuser de ce pouvoir, les portes terrestres du "royaume" de paix, d'abondance partagée, et d'équilibre avec la nature, existeront comme nouvelles incarnations d'Arthur. Héroïne et trinité... Est-ce à la portée de tous et de toutes ? Tout le monde
peut s'en rapprocher, du moins est-ce une question de désir.. Une
femme peut en être, car si je n'ai pas évoqué l'héroïne
mythique, elle furent nombreuses à accomplir de mémorables
exploits au service de leurs collectivité. C'était dans
un temps où la femme n'avaient pas été reléguée
au statut inférieur que lui a réservé le monothéisme.
La femme libre, qui parle, qui aime, qui donne son point de vue, qui combat,
qui peut être une héroïne, qui aime et désire,
qui montre son corps, mais se défend contre le viol, qui enfante
aussi. C'est cette femme qui a été reléguée
à la marge de l'homme patriarcal. Revenons alors à la trinité élémentaire.
On peut la retrouver aussi, prétendument exclusivement indo-européenne,
dans la trifonctionnalité structurant les sociétés
sédentarisées. La fonction productive, la fonction de défense,
la fonction spirituelle. Aujourd'hui, la question du contrôle populaire des trois fonction se pose, dans la mesure ou chacune de ces fonctions est inhérente à tout être humain... De ce fait la trifonctionalité peut être pervertie, si elle transgresse la loi structurante et symbolique, même et surtout au nom d'une légalité maintenue par la force ou la ruse. Cette force devient alors une contrainte arbitraire et ne fait plus autorité. La défense, peut se transformer en attaque, la spiritualité en manipulation fétichiste, totémique et mystique, l'ouvrage productif en appropriation pour les uns et en esclavage pour les autres. Il en sera ainsi, des siècles plus tard du "sabre, du goupillon et du coffre fort". Comme il en aura été de l'auctoritas et de la potestas, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, alliés aux sommets de la hiérarchie de l'oeuvre. On peut s'amuser, à tenter de faire correspondre chacun des éléments avec chacune des fonctions, sans perdre de vue qu'il peut aussi s'agir des trois états d'une seule matière. On peut aussi pousser la tentative de correspondance des éléments et fonctions avec chacun des objets fondamentaux retrouvés dans la mythologie celtique ancienne ainsi que sous leur forme récupérée dans l'ère Chrétienne. J'ai choisi ces correspondances, il ne s'agit que d'une pure spéculation ludique. Chacun pourra chercher à créer d'autres combinaisons en tentant de réfléchir à ce que cela peut signifier: 1 - L'élément gazeux, l'Air, le vent qui balaie tout, la
fonction de défense guerrière, l'épée qui
fend l'air, transformée en croix par la chrétienté.
Le symbole de la croix est cependant très ancien, pré-historique
et retrouvé sur de nombreux sites. Les populations d'Europe qu'elles
soient de culture linguistique celtiques ou germaniques/nordiques avaient
adopté le symbole de la croix bien avant leur christianisation.
La croix celtique (en +)(récupérée de façon
perverse, plus de deux mille ans après, par l'extrême droite
française) mais symbolise sur sa verticalité l'axe spirituel,
cosmique et sur son horizontalité l'axe matériel. Jack Kerouac,
écrivain de la beat génération, américain
d'origine armoricain, écrira des siècles plus tard, "les
pieds sur terre, la tête dans les étoiles". La croix
germanique, paysanne et Odinique, (en X), signifie la séparation
des quatre saisons, voire la séparation de quatre éléments. Poursuivons le "musement" sur les correspondances: 2 - L'élément liquide, l'eau, le spirituel (sens du désir et désir du sens), c'est la recette de la soupe vivante s'autoreproduisant, ce breuvage qui mijote au sein du chaudron d'abondance et de fécondité, qui nourrit et soigne, le tout transformé en saint Graal par la littérature romanesque sous l'ère Chrétienne, comme coupe contenant le sang du christ aux vertus nourricières et salutaires. C'est l'eau aussi retrouvée dans le baptême Chrétien ou dans la bénédiction. 3 - L'élément solide, la terre, la pierre et le métal, Il concerne l'oeuvre, l'ouvrage ouvrier, forgeron et paysan avec l'agriculture, C'est aussi la pierre de souveraineté devenue peut-être dans la symbolique chrétienne le très Romain "Pierre tu es pierre, je bâtirais ton église"... C'est aussi la pierre contre la pierre qui génère le feu et façonne le monde. 4 - Enfin, le feu qui n'est pas un élément, mais qui est en jeu, comme énergie nécessaire ou produite lors du passage d'un élément à l'autre. Il évoque la lance de Lug, dont la pointe ressemble à une flamme, foudre estivale, entre Beltaine et Samain. Avec la lance, en feu, on peut graver l'écriture de la Loi dans la pierre de souveraineté. La flamme qui chauffe la "soupe" contenue dans le chaudron et catalyse la vie pour devenir ce breuvage nourricier universel, abondant et débordant de vie. En cela, le feu, et avant lui, l'étincelle plasmatique est la condition de la formation de la matière vivante. La chrétienté donnera dans sa symbolique trinité l'apparence du feu à "l'esprit saint" et l'on retrouvera la lance perçant le flanc du fils incarné de Dieu, ouvrant une plaie d'où s'écoule le sang recueilli dans le Graal chaudronique. L'eau et et le feu opposés, devenus le sang et la lance, s'articulant
dans le creuset terrestre pour qu'émerge et se répande le
vivant et son évolution, le vivant et son renouveau... Ainsi, dans
la symbolique chrétienne, les temps anciens sont récupérés:
la lance qui répand le sang du christ sur le monde, via la graal
d'abondance, et qui de ce fait écrit la loi renouvelée sur
la pierre où s'est bâti l'église de Rome. L'épée
en croix plantée dans son socle de pierre. La lance, encore, qui
insuffle la flamme de l'esprit... Tout est là, et c'est essentiellement
pour cela s'est répandu de façon durable.. Tout cela, c'est du symbolique, cela a à voir avec le langage. Cela permet de comprendre ce qui est essentiel et donc incontournable, si l'on veut réfléchir sur quelque chose en rapport avec les changement politiques fondamentaux à un moment périlleux pour l'humanité. Comprendre comment cela s'articule, et comment s'en distancier pour développer des outils-concepts transmissibles et opérationnels des changements nécessaires à la hauteur des enjeux de notre époque.. L'histoire et sa limite..... L'Histoire est fondamentale, recherche permanente, elle nous permet de comprendre ce que nous sommes, d'où nous venons, nous donne les éléments pour comprendre ce qui se passe dans notre actualité. Qu'elle soit l'histoire individuelle, ou collective avec l'histoire des contextes sociaux, économiques, sociologiques et politique. C'est cependant insuffisant et incomplet. D'une part parce que l'histoire commence avec l'écrit et que l'on ne peut se limiter à la seule histoire rapportée par l'écriture pour comprendre l'influence réelle de ce qui nous a précédé, d'autre part parce que l'écriture introduit le point de vue partiel, voire le mensonge délibéré ou la révision idéologique. L'histoire est souvent écrite par le vainqueur, ce qui ne signifie pas qu'elle soit fausse et que son combat n'aurait pas été le notre, mais ce n'est qu'un point de vue et il faut l'assemblage de plusieurs points de vue pour se rapprocher d'une forme que l'on peut observer. Ce qui amène l'historien à travailler sur l'histoire de l'histoire et donc a s'intéresser à d'autres domaines que ceux de la lecture et de sa traduction. La symbolique des mythes, nous renvoie non pas à la réalité,
mais au réel et à l'articulation entre le réel, l'imaginaire
et le symbolique, lesquels ne doivent jamais fusionner (sinon c'est la
folie), s'articulent cependant. Comme pour le héros, et l'héroïne, mythique, où même ses dérisions modernes qui participent de sa permanence, dés lors que les valeurs portées par le mythe restent d'actualité car elles sont attendues pour qu'un changement favorable s'opère. L'épopée de la Loi... Revenons donc à l'épopée, réécrivons "ce qui doit être lu", c'est à dire la légende. S'il faut réécrire la loi, afin que s'accomplisse une civilisation culturelle existante humaine en équilibre avec le reste de la nature vivante et minérale, il faut repositionner cela à partir des symboliques anciennes pour lui redonner une actualité existante et incarnée. Il n'y a pas de raisons objectives d'en avoir peur et de laisser ces domaines néanmoins actifs à ceux qui en ont comprit l'usage dans une oeuvre de perversion et d'asservissement. Telle est la condition d'une réussite subversive face à la perversion. Nous devrions nous situer, non pas dans un présent figé, qui n'est qu'une fiction, mais dans ce futur antérieur, en mouvement, de ce qui advient, de ce qui va advenir (avenir) en nous appuyant sur l'histoire, la symbolique des mythes et l'anticipation et y penser la continuité évolutive, faite parfois de révolutions. De nombreux chantiers nécessaires sont ouverts, dans ce texte, pour l'année qui vient, d'autres, moins évoqués ici, vont s'avérer nécessaires pour ouvrir un nouveau paradigme rendant du sens aux multiples tentatives de changements en mouvements, mais qui se heurtent pourtant à un vécu d'impuissance. Il ne s'agit plus, de construire une "énième" idéologie de libération que nous chercherions à "implanter dans la tête des gens", voire même une libération qui se verrait emprisonnée comme totem fétichisé, permettant alors de s'y prosterner pour mieux en détourner le sens. Il y a nécessité d'une incarnation de l'émancipation et de la libération et donc de développer les outils-concepts, à l'usage du tout un chacun, qui rendent possible cette incarnation. Indispensable est la réflexion sur l'articulation possible et
équilibrée entre l'individuel et le collectif, entre l'homme
et la femme, entre l'humain et la nature, et donc sur la loi symbolique
et structurante qu'il faudra formuler et écrire comme fondement
constituant de l'institution du changement de cap. Cette question est
à la hauteur de l'enjeu: universelle et planétaire. Mettre en lumière cette perversion intrinsèque de la loi ancienne, comme fondatrice d'une légalité au service d'une hiérarchie dominante, ne suffit cependant pas. Il faut en effet réécrire la loi humaine en prenant soin de ne pas y reproduire le potentiel pervers qui s'y trouvait protégé par la crainte du dieu unique, de la force répressive et par l'idéologie dominante transmise aux jeunes générations. C'est une question sur la valorisation. Mettre de la valeur là
où il n'y en avait pas et dévaluer ce qui a été
en cause dans la montée de la catastrophe. Dévaluer, mais
ne pas sous-estimer dans le rapport de force. La monnaie... Je voudrais évoquer maintenant les questions posées par
l'argent et la monnaie, dans leurs modalités actuelles, et selon
leurs critères d'évaluations et de valorisations. C'est
néanmoins un des chantier, à mettre en perpective dans la
réécriture de la Loi. Là encore, ce sont des humains qui ont créé et
développé la monnaie à leur image. Actuellement et d'une certaine façon, "Dieu est mort"
et il ne reste désormais que l'argent, dans sa fonction d'accumulation,
de spéculation et de mesure exclusive de la valeur de toute chose,
pour dominer les humains. Les icônes financière que sont
les monnaies valant bons points et images pieuses d'une humanité
non encore affranchie de ce joug. Rares sont celles et ceux qui osent
remettre en question la valeur en tant que tel de la monnaie. Nombreux
sont, parmi ceux qui se proposent, sincèrement ou non, de changer
le monde à ne pas trouver pensable de remettre en question la monnaie
dans ses attributs actuels. La monnaie a une histoire, certes, mais c'est
bien une création humaine, dont on accepte les conventions et les
attributs sans rechigner. Nombreux sont ceux qui pensent utiliser diverses
taxation sur la spéculation afin de financer des programmes contre
la misère, mais cela pose les questions de modalités de
récolte, de gestion et de répartition et de contrôle. Aujourd'hui la crise financière "à bon dos", elle permet plutôt de légitimer différentes opérations de restructurations, de plans massifs de licenciements, de faire passer un nouveau marché écologique (qui relancera comme par miracle un nouveau crédit à la consommation) et d'assécher l'émergence de nouveaux capitalismes du tiers monde. Comme le disait Christine Lagarde, l'argent n'a - effectivement - pas disparu de la surface de la terre ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'argent n'est donc
qu'une croyance, une convention acceptée de tous et subit par tous,
dotée de ses attributs, ses règles, ses liturgies, ses temples
et ses grands prêtres. L'urgence du monde... L'urgence du monde est l'action incarnée, cohérente et
intriquée à réaliser la stabilisation de la démographie,
l'abolition de la misère matérielle des besoins humains
fondamentaux, et la réalisation d'un rapport équilibré
de humain et de son écosystème naturel. Trois conditions
du redémarrage d'une civilisation d'existence et d'existants. Une
nouvelle culture du rapport à la nature, s'inspirant de ce que
les chasseurs cueilleurs nous ont transmis, et dépassant le clivage
suicidaire entre nature et culture. On ne peut rien fonder sur le misérabilisme et l'apologie de
la pauvreté, qui fait toujours la richesse des uns et la misère
des autres. Même s'il faut revoir la consommation. On ne peut rien
fonder sur un humanisme coupé de l'humain réel qui affirme
la suprématie de la culture sur la nature. Confronté à des perspectives sinistres en matière d'avenir, Les jeunesses du monde, d'Europe, semblent se réveiller, en révolte, en Bretagne, en Grèce, en .... La route est encore longue et les chemins à défricher aussi
nombreux que les individus, Le "royaume de Camelot" est à construire, les ingrédients sont là: l'épée à prendre dans la pierre de souveraineté dans laquelle la loi aura été gravée, pour enfin cuisiner finement la soupe dans le chaudron d'abondance. Il ne s'agit, ici, nullement de restaurer monarchie et royauté et lorsque je parle de royaume c'est dans la symbolique originelle du cadre de vie. Mais attention, la démographie étant ce qu'elle est, nous ne pouvons plus fonder le rapport de force sur le "jeu d'échec" et la stratégie militaire ou révolutionnaire classique, mais sur un jeu type "go", qui permet d'isoler l'adversaire en lui offrant une sortie honorable, sa défaite étant alors aussi sa victoire, une victoire collective. Plus encore qu'une "psychothérapie institutionnelle" à grande échelle, c'est une révolution institutionnelle qu'il faut incarner et mettre en mouvement: réécrire la loi, constituer, instituer... Y revenir aussi. Attendons donc, que ces portes ouvertes, ces défrichages débutants de chemins à tracer, permettent, cette année d'avancer vers une vie et surtout une existence meilleure. Avant de la graver dans cette pierre de souveraineté aux sein de laquelle les épée attendent leurs "ours", il nous faut réécrire la Loi, celle qui redonnera à la "soupe" du chaudron son pouvoir d'abondance renouvelée et partagée.
Le Cardinal, Alaska, 29 Décembre 2008.
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