PRE-FRAGMENTS N°6

Automne 2003
 


 

En guise d'Edito

   

  Pour qui sait voir au delà des tourbillons qui secouent les réalités, on peut dire que nous vivons une époque de rupture anthropologique comme on en connaît au moins tous les 10 0000 ans! Les vielles mentalités archaïques sont dépassées et nous ont conduits à la barbarie actuelle.

     Pré-Fragments œuvre à l'émergence d'un nouveau paradigme global. Cest là, résistance, dissidence, positives et constructives.

     Nous rappelons que cela est ouvert à toutes et à tous.

Les temps sont venus d'amener ici et là des ruptures...

Jules Morille

 

 

Poèmes de Marc Lauserie

               

M. RAFARIN

 

Arrêtez de prendre le peuple pour des caves

Vous affamez le peuple

Avec vos réformes

Et vos discours à moulin à vent.

Arrêtez tout de suite, redonnez

Seulement du travail au peuple

Autrement je ne donne pas cher

De votre gouvernement

 

DICTATURES

 

Un soir de décembre, le feu de cheminée

Allumé, dansait

Comme mille diablotins

Le bûcher

De Bush

Le boucher

Oui ! Le manipulateur

Tu as tué

Le désert

Celui-ci si blanc

Sali par les dictateurs

Qui affament les peuples

Et vous prenez prétexte

Les religions

Dieu n'a voulu cela

Ma terre

Ma tête

Va exploser, attendant

Le jugement dernier.

    

 

Elisabeth

 

Pas de développement durable sans écologie de l'esprit

 

« la terre est en deuil, elle languit, l'univers dépérit, il languit, les lieux élevés dépérissent avec la terre, la terre a été profanée sous les pieds de ses habitants, Car ils ont transgressé la loi violé le précèpte rompu l'alliance éternelle »

                                     (Isaïe 24, 4-5)

« Voici, je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle ! » ( Isaïe 65,17)

 

  Les récents évènements liés à la canicule posent une nouvelle fois le problème de la protection de notre environnement et de la prise en compte des paramètres écologiques dans notre modèle de développement. Au-delà de la technique et des querelles d'experts pour savoir combien de C02 nous pouvons rejeter dans l'atmosphère, il nous semble qu'une réflexion sur la dimension métaphysique de l'homme à qui les conditionnements technologiques ont fait oublier son appartenance au monde de la nature, devrait être menée.

  Pour être comprise, la crise écologique que nous traversons doit être resituée dans la crise que le monde occidental a connu depuis le XVIIème siècle avec la dissociation de la foi et du savoir. Ce changement de paradigme, qui couronna l'avènement de la pensée moderne, conduisit l'Occident à une domination de la nature qui vint remplacer l'ancienne vie contemplative de nos ancêtres et qui déboucha sur le nihilisme pressenti par les Romantiques allemands et Nietzsche au XIXéme siècle.

  Or aujourd'hui, la science ne croit plus à une objectivité pure qui permettrait à l'homme de tenir le cosmos à distance et bien séparé de l'observateur. C'est donc à une «nouvelle alliance» que nous sommes conviés (Cf la Nouvelle Alliance de Prigogine, et I Stengers Gallimard) et un véritable questionnement sur l'incarnation au sens théologique pour réconcilier Dieu, I'Homme et le Monde est devenu nécessaire.

  Il s'agit d'aborder de façon réactualisée la question de « I'être au monde » car c'est l'homme qui met au monde le monde et « c'est une fausse dichotomie que de distinguer dans la pensée la nature et l'homme. L'humanité est, dans la nature, le facteur qui manifeste sous sa forme la plus intense la plasticité de la nature » (Whitehead Aventures d'idées)

Au Moyen Age les Scolastiques comme Albert le Grand et Thomas d'Aquin ou Roger Bacon ont vu dans la physique et la métaphysique deux dimensions d'une seule science de la nature du réel.

  Il ne s'agit donc pas d'idéaliser la nature ni de la diviniser, ce qui nous ramènerait au panthéisme, mais en respectant le principe d'altérité, d'intégrer, dans les processus de décisions, que la nature existe à l'extérieur de nous et en nous puisque le cosmos et l'humanité sont associés.

  Pour la Bible la création désigne l'univers tout entier et les destins des hommes et de l'univers sont liés. L'homme est chez lui sur terre et le cosmos est sa maison, il n'est donc pas un Prométhée qui doit faire violence aux lois .

    La Genèse nous apprend que si Dieu a créé le monde, il revient à l'homme que l'homme s'intègre dans le processus créateur puisque c'est lui qui nomme les choses et par là les transcende. Lorsqu' Adam fut appelé à nommer les choses (Gn 2-19) il fut co-créateur.

 Rappelons enfin que le calendrier juif connaît une fête de la création.

Le monde sera ré-enchanté si nous posons la question du sens dans tous les domaines du savoir, de l'action et de l'existence, et la réflexion à la sauvegarde de la terre doit être portée par une symbolique car « c'est par leurs principes philosophiques et religieux que vivent les sociétés » (De la justice dans la révolution et dans l'Eglise- P-J Proudhon) et par une éthique qui « par des entraves librement consenties, empêcheront le pouvoir de l'homme de devenir une malédiction pour lui » (Hans Jonas Le Principe de Responsabilité- Flammarion)

Patrick de Saint Victor

le 25 septembre 2003

 

 

POUR UNE NOUVELLE CHEVALERIE

        

         Nous vivons une époque de mutation... la fin d'un monde et les débuts d'un autre... On pourrait parler de fin du religieux et du début du spirituel...

      Nous avons changé de cycle, de spirale... Ces vingt dernières années ont été à l'image de ces vingt derniers siècles... une vaste dérive, un sens perdu, la quête arrêtée, le sens de celle-ci oublié... Le sens de la vie, de la globalité et de l'articulation des différentes localités oublié... quelque chose de brisé, le sens du passage perdu...

      Pourtant il existe des grands textes, des grandes traditions: pensons à la Bible, aux Évangiles, aux Védas, au Coran, à la mythologie Celte, à la mythologie Grecque etc.. . Ces textes nous donnent un Panthéon harmonieux de l'être humain: une articulation microcosme et macrocosme,... par rapport à eux les sciences dites humaines font « pâle figure »...

      Tous ces textes ont abordé l'essentiel, ont dit la même chose: l'être humain enfin devenu dans les dimensions de la vie, dans les axes socio/culturel/économique. . . et tous parlent d'une déperdition, d'une perte du sens au fil des siècles... et d'un renouveau,..., d'un autre cycle, d'un autre temps...

      Le point d'arrivée de tous ces textes, comme celui de « grands » écrivains, artistes, penseurs, ou autres est le point de départ... Là où ils sont arrivés, se sont arrêtés, il va falloir prendre un nouveau départ, accéder à une nouvelle dimension.. .

      Un désenclavement est en cours chez les individus, les organisations, une remise en marche... une reprise de la quête, pour de la recherche de soi accéder à l'accomplissement de soi...

      Une autre globalité, une autre présence au monde dans ses différentes localités, mais également un autre éveil au monde. . . Si nous osons, parlons de chemin croix, de la mort symbolique, et de chemin de résurrection...

      Un grand cheminement initiatique, la quête et son accomplissement . . .

      Un autre espace mental, une autre logique érotique, une autre logique énergétique, un autre accord psycho-physiologique, I'articulation du microcosme et du macrocosme, du haut et du bas, de la tête et du sexe. Le spirituel: « la tête dans les étoiles et les pieds sur terre » qui n'a rien d'évaporé... Hermès, Lug, le Logos, le Tao, Abraham, ces symboles renvoient à cette dimension, à une autre articulation entre le mot et la chose... Ceci renvoie à la COMMUNICATION / COMMUNION / COMMUNE UNIE ACTION, à la parole, à l'Apocalypse / Révélation...

      Promouvoir le passage et l'articulation... Une tâche qui s'impose aujourd'hui, une tâche digne d'une NOUVELLE CHEVALERIE, la chevalerie dans toutes les traditions ayant fait le lien entre le macrocosme et le microcosme...

      Assumer le passage du vieux monde au nouveau, de l'ancienne alliance à la nouvelle... combattre le vieux monde régressif relevant du « Meilleur des Mondes » d'A. Huxley, le soumettre au

« Jugement de Dieu », promouvoir l'interprofessionnalit, l'interdisciplinarité, l'interorganisationnel.. Mettre en rapport, en connexion, en communication, en synergie, les différentes composantes de la psyché humaine, les différents partenaires sociaux, déployer une autre humanité et une autre citoyenneté... : des tâches relevant de la « nouvelle chevalerie »...

      ... L'intuition harmonisant instinct et raison et non pas les cristalliser... Signifiant et signifié, réel et imaginaire, masculin et féminin dans une logique de complémentarité et non de la contradiction (Bonjour Monsieur Victor Segalen, Bonjour Hölderlin).. . Oui, c'est Hölderlin qui avait dit: « Un signe sommes nous sans interprétation car nous avons en pays étranger perdu le Logos »...

      Le vieux monde c'est Babel, c'est la Lumière et la Parole (Lucifer) perverties, les deux faces de la même médaille: matérialisme, et idéalisme, capitalisme et socialisme... c'est la production et l'exploitation, c'est le vieil indifférencié, c'est l'Egypte Pharaonique... Celui qui se met en place - la nouvelle civilisation va mettre des siècles à se déployer- sera celui du Spirituel, du différencié, de la création et du partenariat...

      Toutes les traditions vont s'affronter... les Technocrates ont oublié la dimension SPIRITUELLE... l'articulation SOCIO / CULTURELLE / ÉCONOMIQUE, le lien entre TRADITION ET MODERNITÉ...

Il n'y aura plus de reprise économique sur les anciennes bases, les technocrates ayant oublié sur quoi était basé l'économie ! Dans le vieil état des choses, le concassage, le broyage vont s'accentuer: le chômage va s'étendre, le nombre de défaillances d'entreprises va augmenter... , et c'est bien...

      C'est dans ce contexte que des mutants,

« la nouvelle chevalerie », va devoir promouvoir dans tous les domaines de la vie les nouvelles valeurs... Elle va devoir ouvrir le symbolique indifférencié clos, amener et manager le changement chez les individus et les organisations, assurer la multidimensionnalité.. . Promouvoir le passage de la Mer Rouge, la grande synthèse Orient / Occident. . . Ce sera l'accession et non point la libération. . .

      Nous vivons une époque création du monde (« Nous ne sommes pas au monde » disait A. Rimbaud), un « Satori / Big Bang ». .. « une époque d'enfantement dans la douleur et de purification » (Frère Marc - Abbaye Cistercienne Notre Dame de Timadeuc)...

      « La nouvelle chevalerie » n'a rien à voir avec l'image éthérée qu'on a voulu faire de Don Quichotte... Dans tous les domaines elle doit introduire une nouvelle TECHNOLOGIE SOCIALE, mettre en œuvre les processus de communication appliquée de désenclavement adéquats.. .

      Accession et non pas libération... Ce qu'avaient entrevu Theilhard de Chardin et André Malraux quant au vingt et unième siècle, sa réalité spirituelle, se pose maintenant.

      Il n'y aura pas de Messie réifié... mais point et contre point: dans l'ancien état de choses des « Dictateurs messianiques » peuvent apparaître ... Les dinosaures vont « s'endinosauraufier » davantage... Il n'y aura pas de médium, de passage réifiés,...

      La quête doit être reprise et accomplie, articuler la route et la racine, après la recherche de soi, la retraversée de tous ses espaces intérieurs, passer à l'accomplissement de soi...

      Tout un chacun doit devenir Galaad, s'asseoir sur le siège périlleux pour désenclaver le Roi Pêcheur qui avait eu la Révélation avant que les temps ne soient venus. .. Tous, comme par exemple Gauvin, Perceval doivent retrouver le chemin du « Château aventureux » et enfin poser les bonnes questions pour la simplicité atteindre,... Lancelot et Arthur doivent mourir en chacun de nous. . . La roue du temps s'est mise à tourner, et après avoir comme Saint Paul été renversé sur son chemin de Damas, tout un chacun va devoir assumer une autre présence au monde... Autre logique entre l'interne et l'externe, une logique du «ni dedans/ni dehors»...

      « Une grande bataille se prépare » dirait Bob Dylan... NOE... Mais comme il l'est écrit, du fait des inconséquences de certains, « beaucoup vont mourir, les femmes perdront leurs maris,.... les pucelles ne seront plus protégées »...

David de la Forge

Article écrit et publié en 1991

et remanié pour 2003

 

 

Octobre !

 

Octobre!

Je te regarde pierre rose.

Ta réponse n'est que trop sobre

A l’interrogation qui se pose.

 

Cruelle pierre rose,

De lettres d'or gravées

Tu t’enorgueillis morose

De nouvelles dates bien pavées.

 

Gisante pierre rose,

Quelle ancienne peur

Quelle étrange pudeur?

Ecran qui s'interpose

 

Je confie a toi? pierre rose

Sur ta dalle murée

Cette phrase au vent murmurée Qu'enfin j'ose.

 

Ecoute, pierre rose,

Ces mots que je sème,

Pour enfin dire, ma mère que je t'aime

Tandis que désormais tu reposes.

 

Ullys

« Moutons individualistes »

 

   La réflexion sur ce que nous sommes dans cette société de démons-croatie libérale à base d'hypocrisies multiples manifestes ne va pas sans douleurs et peines.

  Le cri tant nécessaire pour que ça bouge dans le sens d'une Révolution pour Toutes et Tous est refoulé dans nos lâchetés quotidiennes à avaler tous les serpents de propagande des commune nique actions chiraco-raffariniste.

  Ridicules à nous faire presque regretter les doctes profs de la social-démocratie; mais plus que ridicule tu ne meurs pas sur l'autel du moins que nul car la réalité est désastreuse et que le Réel leur fait l'effet de boomerang, c-à-d de recevoir leurs nouveaux discours en pleine face.     

  En effet, la France va mal. Ce n'est pas qu'elle soit de la vieille Europe dixit-les insultes des impérialistes de pétro-$, mais que nous sommes dans un dirigisme réactionnaire très à droite où seuls les milliardaires vont profiter de leur gestion.      Certes encore et encore la Résistance ou sacrifice, s'avère utile pour ne pas tomber dans les lâchetés individualistes de l'animal à 4 pattes, si bêlant d'ailleurs, mais nous allons subir toutes les attaques dites de réforme en référence pour la restauration du pire. Et, après tout ça. On, ils nous demandent la confiance, la solidarité !      Quel appel au masochisme. Le bâton et après le goupillon ? Ils se méfient du Peuple, là ils ont bien raison et c'est leur seul signe d'intelligence.  Du peuple, du Prolétariat, il en sortira avec bonheur bien quelque chose    Tant que les Prolétaires ne prendront pas leur destinée les milliardaires mafieux par la baisse des impôts et autres largesses s'en mettront plein les poches. Certainement pas avec notre bénédiction.

Rabbi Verdad 20h30 T.U. 4 sept.2003

 

 

Parents terribles et enfants terribles

 

   Elle était sur le point de rompre pour de bon avec le milieu familial et de prendre son indépendance sérieuse, décisive, irréversible. Depuis longtemps, bien avant de connaître Lionel, elle caressait le rêve de se louer un Appart pour y habiter, seule, et y vivre, et pouvoir éventuellement recevoir un garçon comme elle le désirait, dans un Pays libre et démocratique comme l'est la France, cela était un droit et un dû pour elle.

  Depuis trop de temps déjà, la mésentente profonde et les conflits sanglants à la limite du tragique éclataient entre elle et Tante Diana, et ne cessaient de s'accentuer. Minant leurs deux santés et équilibres nerveux psychiques réciproques, et les précipitant toutes les deux vers un délabrement lent sûr et progressif. Tante Diana ne voudra jamais comprendre et admettre que Vanessa avait le droit de vivre sa vie comme elle l'entendait, pas forcément suivant les normes sacro-saintes établies de la famille et d'une certaine classe sociale. Elle ne voudra également comprendre ni entendre que deux femmes élevées et ayant grandi ensemble sous le même toit pendant plus de quarante ans d'affilé, ce n'est pas sain ni normal, que les autres d'ordinaire se marient, ou vont loin faire leur vie.

     Hélas, la pauvre Tante Diana qui n'avait au monde que sa nièce chérie, ne pouvait en fait s'y faire à l'idée de devoir rester toute seule un jour.

     Prunella, la sœur cadette, n'avait-elle pas déjà donné l'exemple en bousculant les usages familiaux et en partant loin de la maison, chassée et maudite pour pouvoir épouser librement un repris de justice ?

  Le frère cadet, Cocotier n'avait-il pas lui aussi profité du Service Militaire pour fuir les vapeurs de sulfure de son boulot de bijoutier à Nice ? Et pour fuir également un climat kafkaïen d'incompréhension totale en famille qui le faisait souffrir ? Aussi il ne restait plus que Miss Vanessa chez papa/maman, les deux autres enfants s'étaient au moins défilés jeunes et tôt, avaient eu la maturité suffisante pour pouvoir à temps s'échapper et prendre de suite leur envol vers la vie. Aussi Tante Diana avait dû se trouver devant un gouffre effrayant, elle ne voulut jamais comprendre la rebellion permanente et toutes les histoires qui éclataient presque tous les jours entre elle et sa nièce. Seul son besoin tyrannique d'avoir quelqu'un auprès d'elle en fonction des valeurs familiales à respecter devait compter, tout le reste n'avait pas voix au chapitre. C'était un intangible que Vanessa mit pratiquement toute sa vie à comprendre et à encaisser, alors que d'ordinaire la plupart des jeunes d'instinct comprennent de suite une situation du genre, avec large vue d'ensemble et coup d'oeil immédiat.

   Cela les amenant à accélérer le processus de rupture avec le cocon familial dans un laps de temps normal et équilibré, et d'atteindre la maturité à un âge à moitié de celui de Vanessa. Celle-ci s'éveilla donc tardivement, ses Idéaux Libertaires l'aidant, mais mieux vaut tard que jamais.

Extrait du Manuscrit: "Le Port aux Rats" de Maria Lusato Mimouni.

 

 

«Quand à la France actuelle»

 

1- / M. Juppé, désavoué en 1995, a encore dérapé en disant que la droite avait à se lancer dans la reconquête de la France, de la République, etc.... Il n'a rien compris ! Il est pris dans le moule technocratique réductionniste de forclusion: il confond le signe et le symbole ! Il lui manque la dimension d'esprit.

 Rappelons que le fondateur de la Ve République plaçait la France par delà la droite et la gauche.    Que la France se débarrasse de l'une et de l'autre. Pensons aux bases/ fondements des choses. Repensons aux élections 2002...

2- / L'actuelle majorité présidentielle est pleine de bonne volonté. C'est certes nécessaire, mais non suffisant. Elle a rompu avec l'idéologie, elle se veut pragmatique pour réformer la société française. Mais, rappelons que l'enfer est souvent pavé de bonnes intentions! Son pragmatisme s'appuie consciemment et inconsciemment sur une sousjacence idéologique technocratique scientiste barbare qui ne peut qu'amener à développer la barbarie et à développer les inégalités.

   Bien sûr il faut gérer les affaires courantes, mais il faut aller à la racine des choses pour développer un projet de société à long terme.

3- / Nous trouvons que M. Alain Madelin avec ses idées libertariennes influence trop la conception économiste de la France. C'est l'éminence grise du Medef ! Libérer les énergies - comme il l'est prévu dans « Mon engagement pour la France » de M. J. Chirac - ce n'est pas libérer les pulsions, mais poser les bases éthiques de l'accomplissement individuel et collectif dans l'esprit de la Ve République.

4- / Il manque à l'actuel gouvernement une véritable pensée. Nous sommes à sa disposition si besoin est !...

5- / La Ve République est en gestation !... Elle n'appartient à aucun parti en particulier.

6- / Le sens des élections de 2002 n'a toujours pas été compris par les différents états majors politiques !... Ne parlons pas de la gauche, mais rappelons cela à l'actuelle majorité présidentielle !...

7- / Sire: l'émeute couve... Rappelez-vous les incendies de cet été... Sire, il faut de véritables expérimentations sociales !...

8- / Laissons les choses suivre leur cours, et continuons d'oeuvrer dans la résistance et la dissidence de grand renouveau à différents horizons et échéances du temps... Développons la nouvelle édification de reconquête...

Gérard Maraîcher, le 8/9/03

 

 

Le petit génie de la forêt

 

Le petit génie de la forêt tremblant de peur face à sa nouvelle solitude, se demande où sont passés ses frères, les arbres centenaires, gardiens de la mémoire ancestrale. Où donc disparaissent les uns après les autres ses amis, hôtes de la forêt ? Il ne comprend pas où s'évapore l'eau cristalline dans laquelle ils s'ébrouaient gaiement les beaux jours d'été ... Et d'où vient cette brume grise et poisseuse qui recouvre désormais le ciel jadis si clair ? Pourquoi les hommes jettent-ils leurs poubelles devant sa maison ? Et pourquoi enterrent-ils des charniers puants et honteux dans son jardin ? « Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?... » Mais chaque nuit, malgré son immense tristesse, le petit génie, allongé sur son tapis de mousse, face au théâtre magique de la danse inexorable des étoiles sur la voûte céleste, devant le mystère de cet espace infini, se réconcilie avec la Vie, et saperlipopette, non d'un petit bonhomme, il ne se laissera pas abattre ! Ça non ! Il se souvient alors que l'aurore amènera dans son cortège: joie, rires et galipettes. Toutes ces bonnes choses de l'existence dont il est si friand ! Youpi !... « Demain est un jour nouveau, demain est un jour nouveau, demain est un jour nouveau, demain... »                                                     

 

Mariama C.Dan

  Cédric

Aspérités ?

 

    L’échec du mouvement social du printemps 2003, aura été cuisant, une fois le Bac passé, seule véritable aspérité qui menaçait le gouvernement. La part de capital dans le PIB est en pleine expansion, mais personne ne parvient à trouver le rapport de forces pour en arracher une part (sécurité sociale, chômage, retraites, temps libéré...)

 Malgré l’agitation intermittente des travailleurs du spectacle, malgré les 15000 morts d’un système débordé par la canicule, car dépareillé par l’Etat et le capital, la fameuse rentrée chaude, promise comme chaque année se sera révélée être une rentrée plate avec son lot de mauvaises surprises: livret A à 2,25%, chèques payants à la CE,  différentes attaques paupérisantes sur la santé, comme le plan hôpital 2007 (année d’élections), augmentation du forfait hospitalier, déremboursements divers, les contrôles accrus sur les arrêts de travail ! Marche ou crève, c’est l’alternative.

  La capacité de riposte efficace est d’une telle faiblesse, que la force du gouvernement ne se mesure qu’à sa “communication”en jouant sur les contradictions les plus vives de la société. Et puis “au cas ou”, les pouvoirs en place savent qu’ils pourront toujours compter sur une armée et une police de plus en plus aguerrie contre les populations civiles. Sur le front social et syndical, l’humiliation est à son comble: le dégoût est grand, c’est une révolte refoulée, mais plus fort encore restent le désarroi et même la dépression et son impuissance corollaire. Le domaine de la lutte s’étend et s’éparpille aux quatre vents pour chaque acte coûteux de l’existence, sans que la force d’attention et de concentration sur l’essentiel  comme fédérateur collectif ne soit actuellement possible. Gouvernement, MEDEF et même opposition, peuvent opposer leur cynisme à toute épreuve face à un fatalisme populaire désenclavé de toute histoire. C’est bien cela l’évènement, c’est la non riposte efficace, à la hauteur d’attaques commises par des gens de pouvoir loin d’être infaillibles. Les gens “ordinaires” ne sont pas à blâmer de ne pas trouver les aspérités permettant des actions incarnées et ayant de l’effet. L’époque a changé complètement, la parenthèse des “30 glorieuses” est définitivement refermée, bien que le vécu d’une continuité an-historique semble être la réalité. Les vieux outils de lutte, radicaux, révolutionnaires ou réformistes, c’est fini, même s’il y a du monde dans les "manifs" il faudra - si possible - inventer du neuf ! Et cela va prendre du temps.

  Le renouveau d’incantations idéalistes désincarnées les plus diverses comme fuite au désespoir ne changeront rien à ces faits, quelle qu’en soit l’ampleur.. Elles ne feront qu’accompagner l’époque, sans en modifier les enjeux, au pire sans contrôle sur elle même et sans recul analytique, elles alimenteront les cohortes d’idiots utiles à l’émergence de nouvelles tyrannies... On ne fera pas l’impasse sur la nécessité d’un travail incarné, libéré des totémismes et fétichismes des anciens militantismes..

 Le temps fracassé, distordu, la précarisation, ont désarticulé toute pensée sur le futur. A l’échelle de la droite gouvernante la parenthèse issue de la résistance au nazisme semble être définitivement refermée. Nous somme face à une jeune génération cynique qui fait la sourde oreille, jusqu’à lassitude, dont un grand nombre a fait ses premiers pas politiques dans l’engagement fascisant des années 60 et 70. D’où l’aspect fortement idéologue et propagandiste du discours libéral.

  Dans les années 70, le PFN (Parti des Forces Nouvelles) se dissout pour rentrer en masse dans le RPR (avant UMP). Dés lors tout ceux qui  auront appelés pour contrer le FN, à voter pour la droite en 2002, auront en fait cautionné une politique cohéritière des aspirations fascisantes du PFN ! Heureusement que la majorité politique légale reste minoritaire à l’échelle de la France. Il ne faudra donc pas s’étonner que le FN rajeuni ambitionne de faire du social son nouveau cheval de bataille, et il a de l’avenir lorsque la révolte généreuse a échoué et que précarité et misère continuent à prospérer.

  L’économie virtuelle mais surpuissante a quitté la société des humains et toutes ses contradictions, désormais le capital financier domine et surdétermine de ses aléas tout un univers social mondialisé incluant celui de l’économie réelle des biens et des services et si des conflits restent possibles, ils ne peuvent opposer que des intérêts divergents entre des gens de toute façon embarqués dans une même galère; C’est pouquoi il est de plus en plus difficile d’articuler autrement que dans l’espérance militante, des conflits sociaux de plus en plus catégoriels, de plus en plus dispersés, même si l’accroissement des difficultés à exister offre l’occasion d’une multiplication de ces conflits.. Qu’il s’agisse de conflits micro-collectifs type luttes de classes, de conflits ethniques, guerres aussi etc... Aujourd’hui le sujet social peut se parer de toutes les identités virtuelles comme réelles, ce qui multiplie, dans l’atomisation et l’anomie, les cas de figures. C’est titanesque... Dans la veine des courants “antimondialistes” le mouvement ATTAC a su mettre le doigt sur l’importance majeure de l’économie financière purement spéculative comme domination mondialisée sur l’économie réelle des bien et des services. Cependant en proposant comme solution,  de mettre en place à l’échelle mondiale une taxation d’un certain pourcentage sur les transactions spéculatives, non seulement elle avalise le principe de cette domination financière comme inéluctable, mais son projet amènerait la nécessité d’indexer à l’économie virtuelle spéculative l’ensemble des activités économiques qui résistent encore à cet alignement sur la domination financière. Faut-t-il voir derrière cette façon de penser la chose un prolongement d’un vieux déterminisme historique et fataliste marxisant ?

  La perspective de la création de centres de prélèvements financiers attire plus d’une chapelle. La concurrence est rude. Cet embryon d’Etat mondial  se voulant “régulateur” du capitalisme actuel  saura organiser “démocratiquement”  la course à la gestion des caisses. Si pour l’heure, ATTAC est encore présenté comme un mouvement subversif par la communication capitaliste, c’est parce qu’il occupe le terrain de la “subversion” en marginalisant les courants mécréants qui remettraient en question la valeur même. L’altermondialisme, n’ayant pu élaboré de politique autonome lui offrant un débouché historique, il reste un mouvement d’agitation ne pouvant à court terme que servir malgré lui, l’avènement des protectionnismes et des souverainismes les plus divers. La rude concurrence qui s’en suivra et le risque de guerres désastreuses et mondialisées et dangereuses  aussi pour les dominants, comme continuité des négociations commerciales en échec, sera alors ce qui précipitera l’organisation de l’Etat mondial financé par les taxes sur le capitalisme financier lui-même. Par le maintien artificiel d’une bonne dose de misère la domination perdurera.

  Il ne s’agit plus aujourd’hui face à cette marée montante inéluctable et d’une force colossale, de s’épuiser à construire des digues de sable qui seront de toute façon balayées, mais de s’ancrer et de s’amarrer, afin de garder la tête hors des flots, de naviguer, de reconstruire une fédération d’amarrages permettant à l’existence, à la vie, de continuer. Contre la dévotion à ce capitalisme financier, la constitution d’un projet monétaire conventionné sur la satisfaction des besoins essentiels, serait une recherche intéressante. Dans un contexte de retour de l’Etat régalien, mais aussi d’échec du jacobinisme centralisateur se dissolvant dans le féodalisme libéral et décentralisé, la réflexion réactivée sur le fédéralisme Proudhonien serait plus que jamais d’actualité, de même la réflexion sur l’universel et les solidarités concrète comme forme la plus équilibrée de garantie de l’intérêt particulier de tout un chacun.

Robin Goodfellow 12/10/03